LN du 25/02/2013 : Natation. Deux nouveaux gagnants au palmarès de la Traversée

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Mallard décroche le gros lot

Deuxième l’an passé, Jérôme Mallard, a remporté hier matin la 19e traversée aller-retour entre l’Anse Vata et l’île aux Canards. Chez les femmes, c’est Margaux Faure qui a devancé de quelques secondes Charlotte Robin, la précédente lauréate.

 

Jérôme Mallard a devancé son premier poursuivant de 12 secondes
pour s’offrir la victoire sur la Traversée.

Photo Thierry Perron

 

Tout s’est joué dans les derniers instants. Hier matin, la 19e traversée aller-retour entre l’Anse Vata et l’île aux Canards s’est trouvée deux vainqueurs inédits : Jérôme Mallard, arrivé en 32’55, et Margaux Faure, en 35’46 chez les femmes. Deux vainqueurs qui définissent la largesse du panel de cette épreuve rayonnante qui s’est déroulée dans un grand vent cette année.

 

Sprint. Lui a 46 ans et s’est mis à nager sur le tard pour soulager son dos. « J’ai commencé la natation à 38 ans… C’est vrai, j’aurai peut-être pu faire une belle carrière, rigole le nouveau détenteur du trophée Guy-Verlaguet. Quand j’ai vu que j’avais de plutôt bonnes dispositions dans l’eau, ça m’a poussé à continuer. » Parti « pour gagner » au sein du premier peloton de nageurs, celui des 137 non licenciés lancés avec cinq minutes d’avance sur les 57 triathlètes, sept minutes sur les 100 licenciés et neuf minutes sur les 165 palmés, le voilà qui conquiert la victoire suite à sa deuxième place de l’an passé. Après un départ tout sauf idéal : « Comme je n’ai pas l’habitude de traîner dans les pieds des autres concurrents, je suis parti assez rapidement mais me suis mis un peu dans le rouge. Le clapot m’a épuisé. En plus, les premiers m’ont vite devancé de cinquante mètres, il a fallu tout remonter. » Celui qui nage « le midi pour s’amuser » au sein de l’informel groupe nommé « banc numéro 10 de la BDC », s’est donc imposé pour 12 secondes devant Philippe Guichard (2e et recordman de la Traversée en 29’58, en 2009) et Laurent Douarche (3e), au prix d’une deuxième partie de course tonitruante. « Avec le vent, le retour a été plus facile que l’aller. À un moment donné, j’ai dérivé et me suis trompé de bouée… Ça m’a énervé et je suis reparti à fond. On a fini au sprint, au mental. C’est super ! », finit par sourire Jérôme Maillard, apparemment connu pour ses maillots de bain multicolores.

Troisième chez les femmes l’an passé, Margaux Faure inscrit elle-aussi son nom au palmarès de la Traversée pour la première fois, à 16 ans. De 30 ans la cadette du premier au classement général, la lauréate (13e au scratch) s’est elle-aussi imposée au finish.

« Au départ, je n’avais pas trop de tactique. L’objectif était de terminer devant Charlotte (Robin, la tenante du titre). On est restées très proche. » Jusqu’à ce que le destin, ou plutôt Louis Petit Ounou (12e du scratch), s’en mêle. « Sur la fin, Louis m’a dépassée et j’ai pu profiter de sa vague, ça m’a aidée. » Margaux, compétitrice du Cercle des nageurs calédoniens, a donc rempli l’objectif de coiffer sa partenaire d’entraînement de cinq secondes. Et toutes les autres concurrentes. Du coup, caméras, micros et stylos l’ont gentiment harcelée. « Être interviewée, tout ça, ça fait bizarre. Mais en tout cas, je suis très contente. »
 

Charme. « C’était ma première fois sur cette épreuve. Dès que tu bois la tasse, c’est fini », nous lâche Camille, le premier qui a dû se résoudre à abandonner. D’autres néophytes, comme les palmés Gérard et Géraldine, n’ont pas connu pareille difficulté. « On pensait que ce serait plus dur que ça, malgré les coups de palmes ou les embouteillages au démarrage », confessent de consort le père et la fille, qui iront « peut-être un peu plus vite » la prochaine fois… À chacun sa course.

Inscrit avec un petit groupe de nageurs du club Apnea équipés d’une monopalme, Benjamin Puget n’a, lui, pas économisé ses efforts. Auréolé d’une belle sixième place au général et meilleur nageur palmé, il ne participait que pour la seconde fois à la Traversée, trois ans après l’avoir parcourue chez les non-licenciés, « pour le fun ». Le dos feutré à l’effigie de la section monopalme de son club, un petit coup de pub, il est parvenu à remonter la quasi-totalité d’une concurrence partie plus tôt dans cette course à handicap. Sur sa route, il a par exemple croisé Mathieu et Valérie. Eux se sont lancés dans cette aventure comme dans un chemin spirituel, pour rendre un hommage à Julien, leur jeune ami décédé. Il a aussi rapidement laissé derrière lui Jeannine, la dernière à avoir franchi la ligne d’arrivée. « Cette année, en voyant l’annonce, je me suis dit que c’était le moment ou jamais », raconte, à peine essoufflée, la sportive de 64 ans qui a choisi les palmes pour se faciliter la tâche. Comme un cycliste poursuivi par une voiture-balai, Jeannine a eu droit à l’escorte rapprochée des kayaks et bateaux chargés de veiller à la sécurité des participants… et à l’amplification du courant qui va avec. Mais qu’importe. « Quoi qu’il arrive, je ne voulais surtout pas abandonner. » Mission accomplie.
 

Le classement

Scratch : 1. Jérôme Mallard (Non licencié) 32’55, 2. Philippe Guichard (Non licencié) 33’07, 3. Laurent Douarche (Non licencié) 33’15, 4. Thomas Michel (Triathlète) 33’17, 5. Benoît Riviere (Licencié) 33’28, 6. Benjamin Puget (Palmes) 33’33, 7. Nathan Barberis (Licencié) 34’05, 8. Damon Theveny (Licencié) 34’06, 9. Léo Cherriffa (Licencié) 34’12, 10. Lucas Florio (Triathlète) 35’11, 11. Lucas Feyler (Licencié) 35’35, 12. Louis Petit Ounou (Licencié) 35’42, 13. Margaux Faure (Licenciée, première femme) 35’46, 14. Charlotte Robin (Licenciée) 35’51…

 

Les résultats complets sur le site de l’Olympique Nouméa Natation et dans notre édition de mardi.

C.D.

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