LNC du 01/02/2014 : Trail. Ludovic Lanceleur participe au Trail de Cradle Mountain

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Avant de courir avec les Fous

Ludovic Lanceleur visera un bon résultat aujourd’hui en Tasmanie. Mais cette course en autonomie totale n’est qu’un échauffement avant son grand objectif cette saison, s’attaquer à l’ultra-trail mythique de la Diagonale des Fous.
 

Ludovic Lanceleur, ici avec sa petite fille lors du trail de Voh, tentera de réaliser aujourd’hui une « perf » au trail de Cradle Mountain.

Ludovic Lanceleur, ici avec sa petite fille lors du trail de Voh, tentera de réaliser aujourd’hui

une « perf » au trail de Cradle Mountain.

Photo Archives LNC

 

Ludovic Lanceleur s’est lancé un nouveau défi. Le lauréat du trail des Cagous et de la Gigawatt en 2013 court aujourd’hui le Trail de Cradle Mountain, en Tasmanie. Une course de 82 km qui se déroule sans ravitaillement, en autonomie totale. Il a prévu d’amener avec lui 6 kg de nourriture lyophilisée, d’eau et de matériel pour boucler la course. S’il a déjà couru des courses de ce type, il avoue que ce sera la « première fois que j’en ferai une aussi longue ». Au départ de cette épreuve internationale, 60 concurrents seront alignés dont des Américains, des Néo-Zélandais et, bien entendu, des Australiens. Sur cette course assez rapide, le gagnant de l’an dernier, l’ayant bouclé en 7 h 58, il envisage de réaliser une bonne performance pour lancer sa saison. « Si je pouvais me classer dans les cinq premiers, raconte-t-il, je serai satisfait ».

 

Inédit. Pour se préparer au mieux à cette course, le « traileur » s’est attelé à la tâche depuis le mois de novembre. Il a enchaîné des sorties longue distance, dans le Sud, « pour acquérir du foncier » et des entraînements plus courts « afin de travailler sa vélocité ». Mais, même s’il parvient à renouveler sa performance de l’année dernière au Trail de Bedrock qu’il avait remporté en Nouvelle-Zélande, cette course n’est qu’une étape pour Ludovic Lanceleur. En 2014, il va définitivement passer à la vitesse supérieure. Il vise en effet une participation au Grand Raid, aussi appelé la Diagonale des Fous, à La Réunion. Cette course, bien nommée, déroule 160 km de souffrance et de plaisir pour les coureurs. Ludovic Lanceleur a un avis bien tranché sur cette célèbre course, « pour moi, la Diagonale des Fous, c’est le best de ce qui peut se faire en Trail, une course de rêve ». Mais avant de s’envoler en fin d’année pour l’île Bourbon, le coureur doit avoir un certain nombre de courses de mi-distance dans les jambes. Il convient que toute sa préparation va se construire dans l’optique de cette épreuve, « c’est vraiment de l’inédit car pour l’instant, la distance maximum que j’ai courue est de 70 km ». Mais avant cela, au mois de juin, il devra se concentrer sur son second objectif cette saison, le trail des Cagous.

 

Dépassement. Sur cette compétition, qu’il a remportée deux fois de suite, il va défendre son titre. Mais cette année, un nouveau protagoniste pourrait l’empêcher d’atteindre son but. Un invité de marque, le Français Jérémy Ritchey, faisant partie de la Team Salomon et qui s’est classé entre la dixième et la quinzième place à des épreuves de la Coupe du monde, sera présent. Mais notre champion ne s’inquiète pas outre mesure, et, au contraire, se montre ravi de sa venue qui va relever le niveau de la course. Il faut dire que Ludovic Lanceleur est du genre à aimer se surpasser. Ancien cycliste professionnel, il s’est mis à la course de fond car « cela ressemblait au cyclisme et fait beaucoup appel au cardio ». Pour ce jeune père de famille, la course c’est « avant tout chercher un dépassement de soi, plutôt qu’essayer de concurrencer les autres ». Même s’il reconnaît qu’il n’est pas facile de jongler entre vie professionnelle, familiale et gestion des entraînements, c’est bien cette envie qui le porte à chaque course.

Un trail de malades

Le Grand Raid est une course longue distance qui se déroule sur l’île de La Réunion depuis 1989. Elle est aussi surnommée la Diagonale des Fous, car elle traverse l’île de part en part, du sud au nord. Longue de 160 km, dont 9500 mètres de dénivelé, quatre Calédoniens y ont pris part l’année dernière. Elle se boucle, pour les meilleurs comme l’Espagnol Kilian Jornet, aux alentours de 25h. Pour Ludovic Lanceleur, « la gestion de cette course sera très différente des autres épreuves où j’ai couru. Il faudra avoir un mental d’acier ». Mais il assure aussi que « quel que soit le résultat, terminer une course de ce type, c’est super ». En octobre, des montagnes russes émotionnelles, mêlant bonheur, renoncement, surpassement, se dresseront devant lui.
 

François Benito

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