LNC du 02/10/2017 : Une 23e édition de la Gigawatt éclatante

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Avec une météo idéale, si ce n’est un soleil peut-être un peu trop pressant, la grande course annuelle dans le Sud a offert un spectacle saisissant, hier, tant du point de vue des paysages qu’au niveau de la compétition.

Le premier départ, celui des 30 kilomètres, a été donné à 7 h 52 hier, devant le barrage de Yaté. Les concurrents ont ensuite parcouru l’édifice avant de s’enfoncer dans la nature. Photo A. F.

Difficile de faire meilleure publicité pour le Grand Sud. Un soleil brûlant. Des couleurs éclatantes. Du relief. Une forêt noyée. Des dizaines de bénévoles avenants. Et des centaines de coureurs à pied fourmillant sur la terre rouge dès les premières lueurs du jour. « On s’est levés à 4 h 30 », raconteront avec le sourire, à l’arrivée, François-Xavier Schmitt et Thimothée Bechetoille, vainqueurs des 10 kilomètres en moins de 50 minutes. Les deux militaires ne regrettaient toutefois pas d’avoir raccourci leur nuit : d’abord parce qu’ils ont gagné, point non négligeable évidemment, ensuite parce qu’ils ont découvert, deux mois après leur arrivée sur le territoire, ce qui est peut-être la course la plus importante en Calédonie.
La plus importante, pas tant par la difficulté du parcours, assez simple selon les puristes du trail, habitués à des dénivelés plus prononcés, mais plutôt par son histoire (23e édition), son cadre (départ donné sur le barrage de Yaté) et son affluence : cette année, la barre des 1 500 inscrits, tous parcours (4, 10, 15 et 30 kilomètres) confondus, a été dépassée de peu dans la dernière ligne droite. Pas un record de participation (1 800), certes, mais le chiffre reste impressionnant.
La plupart des meilleurs coureurs du Caillou ne s’y trompent d’ailleurs pas : chaque année, ils sont au rendez-vous.

Plateau en or
Ainsi, sur les 20 kilomètres, la paire composée de Damien Boutellier et de Franck Santos, deux coureurs souvent présents sur les podiums, s’est inscrite pour gagner, ce qu’elle a fait, avec la manière, avec plus de quatre minute d’avance sur un duo de triathlètes.
Et que dire des 30 kilomètres, avec un plateau en or massif. Angélique Plaire, phénomène de la longue distance, s’était associée avec l’ultra-endurant Christophe Loubriat, pendant que Leslie Nowicki tentait un coup de force en compagnie de Ludovic Lanceleur. Mais rien n’y a fait : le maître Nordine Benfodda et l’élève Alexy Dianoux ont donné un cours magistral. Seuls petits rebelles au bord de la sanction disciplinaire dans cette matinée : la vingtaine de légionnaires engagés hier, dont les vainqueurs des 10 kilomètres, menacés de déclassement par l’organisation du fait qu’ils ont couru sans réserve d’eau… Ils ont finalement conservé leur classement, mais sans récompense à la fin. Mais après tout, la plus belle récompense était peut-être tout simplement d’être hier dans le Sud pour vivre ce spectacle.

Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki, 2es des 30 kilomètres.

Comment avez-vous vécu cette course ?

Thimothée Bechetoille et François-Xavier Schmitt

Vainqueurs des 10 kilomètres

« On est partis vite. Au bout d’un moment ça tire et on le sent, mais le 10 kilomètres c’est un effort où on peut se permettre de ne pas faire de réserves. Le fait de doubler tout le temps des concurrents du 20 et du 30 kilomètres partis avant, c’est motivant. Après, on est un peu surpris, on ne s’attendait pas à gagner… On est arrivés sur le territoire
il y a deux mois. On reste encore deux mois. Par semaine, on court trois ou
quatre fois, souvent cette distance. »

Damien Boutellier et Franck Santos

Vainqueurs des 20 kilomètres

« On est partis fort, on s’est dit qu’on allait dynamiter la course pour laisser les autres équipes derrière. Au final, on a vu personne du 20 kilomètres nous doubler, on a envoyé de bout en bout ! Mais pour ça on s’est mis un peu dans le dur : on passe au 10e kilomètre en 42 minutes, c’est bien. Et on finit en 1 h 39, c’est mieux que ce qu’on avait prévu : 1 h 45. Le parcours n’est pas super difficile en lui-même, mais le plus dur à gérer c’était la chaleur : l’enfer, c’est le mot je crois ! »

Nordine Benfodda avec Alexy Dianoux

Vainqueur(s) des 30 kilomètres

« Personnellement, avec la chaleur et le manque d’entraînement, j’ai toujours été dans le dur ! En plus, on est partis vite dans les dix premiers kilomètres. Mais j’avais promis à mon fils de 5 ans, Léo, qui ne pouvait pas venir, de gagner pour lui. J’ai tenu ma promesse envers lui. Comme celle, aussi, que j’avais faite avant la course : respecter tous les adversaires. C’est ce qu’on a fait avec Alexy, un bon coureur, une bonne
mentalité, un jeune comme je les aime ! »

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