LNC du 05/08/2019 : Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki indétrônables sur la Gigawatt

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Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki ont réussi à garder leur rythme tout du long, sans connaître de « panne d’essence ». Photos F.L.
Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki ont réussi à garder leur rythme tout du long, sans connaître de « panne d’essence ». Photos F.L.TRAIL. Ils avaient été le premier binôme mixte à remporter la Gigawatt en 2018 : Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki se sont à nouveau montrés les plus rapides dimanche et remportent le 30 km en 2 heures, 30 minutes et 45 secondes. « J’y croyais pas… Celle-ci, elle est belle. » Ludovic Lanceleur avait la « banane » hier en franchissant la ligne d’arrivée main dans la main avec Leslie Nowicki. Déjà lauréats en 2018, les deux coureurs du team Terre de running n’ont pas affolé le chronomètre mais ont montré une belle régularité au final – « On a fait 7 secondes de plus que l’an passé », s’amuse Leslie – alors que le professeur de cuisine n’a pas les mêmes conditions de préparation cette année, suite à sa mutation du côté de Lifou, et que son acolyte préférée est amoindrie depuis deux mois. « Notre but, c’était de faire notre course, pose Leslie. Cette année, on s’est dit qu’il y avait trop d’équipes hommes fortes. Enfin moi, parce que Ludo, il a toujours ça (la gagne) en tête… Mais moi, je suis blessée depuis deux mois (inflammation de l’aponévrose plantaire au niveau du pied gauche), je ne voulais pas me cramer. Donc si je finissais, c’était déjà grand. Alors là… J’y crois même pas. » Il a fallu partir sur un gros rythme au début pour ne pas laisser Yohan Samanich et Cédric Andres s’envoler. Au 10e km, le binôme Endurance Shop mène la danse devant Yoann Weidig et Jimmy Aouta, suivis par un gros wagon où se situent Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki, le couple Guillaume Boccas et Axelle Nardoux, et l’alliance du taulier Oswald Cochereau avec l’inexpérimenté Hugo Denis.

Attachés par une sangle

« C’était un gros pari de courir ensemble avec Hugo, c’était son premier trail long, détaille Oswald. On s’est accroché, on s’est calqué sur Yohan. On est revenus au train, sans s’affoler. On a fait une super course tactiquement. » Au 20e km, chassés par les futurs vainqueurs, ils se retrouvent sur les talons des leaders, Samanich et Andres, qui se suivent à 10 bons mètres de distance l’un de l’autre. Une configuration qui dénote alors que Lanceleur-Nowicki et Cochereau-Denis n’hésitent pas à s’attacher régulièrement avec une sangle pour se tracter… mais pas que. « Avec Leslie, y a pas deux mètres entre nous à chaque fois, assène Ludovic Lanceleur. Parfois, dans les descentes, je prends un peu d’avance pour récupérer. Là, on a été attaché pendant 90 % de la course. Des fois, dans les descentes, elle me passe devant, comme ça je la retiens et elle peut se relâcher. » C’est d’ailleurs dans les descentes que la différence s’est faite hier, selon Yohan Samanich : « Moi, c’est vraiment mon point fort. Sur les courses individuelles, c’est là que je creuse des écarts. Aujourd’hui, les autres équipes ont été plus fines et techniques. » Avant d’ajouter, beau joueur : « Il y a eu plus costaud devant, il faut aussi l’accepter. Mais le plaisir est là. » Pourtant, la victoire s’est surtout dessinée dans la dernière montée, où Cédric Andres a calé, Hugo Denis a surmonté les crampes qui l’enserraient et où les deux « L » ont déposé tout le monde. « J’ai rarement fait une Gigawatt comme ça », frétillait Ludovic Lanceleur aux Bois du Sud. Il y avait eu le sprint face à Yohan Samanich quelques années auparavant, il y aura maintenant la remontée de 2019 aux côtés de Leslie Nowicki.

Paroles de traileurs

Jimmy Pebellier et Maeva Geyer Carles

Jimmy : « On ne pensait pas être premiers. Dans la partie très technique, on avait peur de se blesser parce qu’on fait beaucoup de route à la base, donc on a bien ralenti pour assurer nos appuis. L’équipe des jeunes (Yoan Cardona et Rémy Lucien, 15 et 16 ans, finalement 3es) est partie à ce moment-là. Sur le plat, on a envoyé à fond pour les rattraper mais on ne les a jamais revus, ils ont dû avoir un souci de santé. » Maeva : « En fait, on pensait qu’ils étaient déjà arrivés. On a été surpris. Jimmy n’a pas forcé dans les parties techniques pour que je puisse le suivre et que je sois plus à l’aise dans les parties roulantes, c’est mon point fort. Et comme je ne me suis pas retrouvée dans le rouge, j’ai pu m’appuyer sur ce point fort. »

Cédric Maroquin et David Anewy

Cédric : « On est partis vite avec les premiers puis on a fait la course tranquillement en deuxième position. En fin de compte, sur la dernière bosse, on a commencé à revenir et l’équipe devant a crampé. Nous aussi on avait de petites alertes mais on a serré les dents et on les a passés au sommet. Là, on a donné tout ce qu’on avait sur le dernier kilomètre. On avait fait premiers aussi l’année dernière, mais avec 5 minutes de moins je crois. On était plus entraînés, c’est son 3e raid de l’année pour David. » David : « J’ai été en surrégime dès le début de la course, il a un niveau plus haut que le mien. Moi, j’ai toujours été en butée. Devant, on a eu de la chance que ça crampe avant nous, sinon on ne revient pas sur eux. Ils ont eu jusqu’à une minute d’avance. »

Les classements

Le 10 kilomètres

1. Jimmy Pebellier et Maeva Geyer Carles en 49’40 2. Guillaume Aubry et Laurent Caffier en 50’08 3. Yoan Cardona et Rémy Lucien en 50’23 … 16. Myriam Jego et Stéphanie Mathelon en 59’07

Le 20 kilomètres

1. Cédric Maroquin et David Anewy en 1 h 45’16 2. Thomas Testet et Ludovic de Gaillande en 1 h 45’59 3. Jordan Kerandoff et Arnaud Laporte en 1 h 51’51

Le 30 kilomètres

1. Ludovic Lanceleur et Leslie Nowicki en 2 h 30’45 2. Oswald Cochereau et Hugo Denis en 2 h 33’04 3. Yohan Samanich et Cédric Andres en 2 h 35’57 4. Guillaume Boccas et Axelle Nardoux en 2 h 39’14 … 12. David Robert et Laurie Thome en 2 h 58’22 … 16. Angélique Plaire et M.-C. Cavell en 3 h 04’19
Oswald Cochereau et Hugo Denis terminent deuxièmes sur le 30 kilomètres. Une position qu’ils auront occupée une bonne partie de la course.
Le décor de la Gigawatt reste inchangé au fil des années, avec le départ qui est donné depuis le barrage de Yaté et l’itinéraire qui serpente ensuite entre les collines de terre rouge, et sous les pylônes et les lignes à haute tension de la société Enercal.
Le 30 kilomètres vient à peine de s’élancer et la meute des coureurs est en marche. Difficile à ce moment-là de discerner les différents binômes.
Le ballet des hélicoptères attire plus d’un regard… et d’un sourire.
Les concurrents du 20 kilomètres viennent de voir s’élancer leurs camarades du 30 kilomètres et se préparent à courir dans leurs traces.
La troupe des Gigazelles tient le stand à l’arrivée du 4 et du 10 km. Un stand joliment apprêté sous la houlette de Carole, Edmée et Charly (« et ses drôles de dames ! »), bénévoles d’Enercal.

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