LNC du 05/11/2015 : TRAIL. BILAN DU GRAND RAID DE LA RÉUNION

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ELLE A VAINCU LA DIAGONALE

 

Comme quatre autres Cagous, Angélique Plaire est venue à bout des 163 km de l’une des courses à pied les plus difficiles au monde. Mieux, elle a terminé huitième féminine de cette «Diagonale des Fous». Elle vient de rentrer de la Réunion, en plein rêve, avec des souvenirs inoubliables.

Angélique Plaire a vaincu les cols réunionnais, notamment grâce à l’aide de l’équipe médicale qui a su soulager ses ampoules aux pieds.

Angélique Plaire a vaincu les cols réunionnais, notamment grâce à l’aide de l’équipe médicale qui a su soulager ses ampoules aux pieds.
Photos DR

Pas besoin de parler. La lueur dans les yeux d’Angélique Plaire en dit assez long sur les moments de souffrance, de bonheur et les paysages sublimes qu’elle a traversés les uns après les autres. Dans de nombreuses années, la prof de fitness de 26 ans aura probablement encore le frisson en repensant aux 42 heures et 37 minutes de son périple réunionnais. Ce n’était pas seulement la course la plus éprouvante de sa jeune carrière dans l’ultra-trail, c’était aussi l’accomplissement d’une promesse qu’elle s’était faite il y a trois ans.

Angélique a attrapé le virus de l’ultra en écoutant parler Pascal Blanc. Lors d’un stage de préparation du Trail des Cagous, ce vétéran des grands raids est venu raconter sa longue expérience de la Diagonale des Fous, lui qui la court chaque année. Angélique a bu ses paroles.

« Je courais des 15, 20 voire 30 km à l’occasion, se souvient-elle. Je me suis jurée qu’un jour, je connaîtrais à mon tour les sensations fantastiques dont il nous parlait ». Après trois années de sacrifices, « mais pas de privation, précise-t-elle, la privation ça aurait été de ne pas faire la Diagonale ! », Angélique a enfin pu s’offrir son grand voyage initiatique sur l’île de la Réunion.

Humilité. Face au monstrueux tracé de 163 km pour 9 917 m de dénivelé positif, elle s’est présentée très humblement, avec un seul objectif : faire partie des survivants. Le terme n’est pas exagéré tant les dangers sont nombreux, au détour des innombrables ravins qui menacent des coureurs exténués par l’effort et l’absence de sommeil.

Pour preuve, l’organisation de la course impose une liste d’équipements vitaux à tous les participants : couverture de survie, sifflet, lampe de poche et batteries de rechange. Après un contrôle minutieux de chaque élément, les 2 600 coureurs sont lâchés dans la nature à 22h. Angélique fait le choix de se porter immédiatement aux avant-postes : « Le peloton est très dense, on est beaucoup plus à l’aise dans sa course quand on a de l’espace ».

Instant. Si les premiers cols défilent sans encombre, Angélique sait que la route est beaucoup trop longue pour déjà présager avec certitude d’une fin heureuse. Pascal Blanc l’avait avertie : « Ta course se jouera au cirque de Cilaos, au 65e km. Si tu es cuite à cet endroit, tu ne finiras jamais ». Jusqu’au sommet du terrible Maïdo, au kilomètre 110, la Diagonale d’Angélique se déroule à merveille. Mais il suffit d’un instant d’inattention pour que tout s’arrête.

Dans la descente, la pluie rend les grandes marches très glissantes. Concentrée sur ses pas, Angélique aperçoit au dernier moment le concurrent qui dort sur le bas-côté. Elle perd l’équilibre et son genou heurte le recoin d’une marche.

Le rêve n’était pas loin de virer au cauchemar, mais elle s’en sort simplement avec une belle entaille et poursuit son chemin. Au bout de la douleur, les encouragements des bénévoles et le soutien de son amie réunionnaise, qui se joint à la course pour parcourir avec elle les 30 derniers kilomètres, la portent vers la délivrance et une 8e place qu’elle n’espérait pas. « Je n’ai pensé qu’à terminer. J’y retournerai un jour, c’est certain, et cette fois, je viserai le haut du classement », promet Angélique.

 

La Diagonale des Cagous

Quatre autres Calédoniens ont participé au Grand Raid, et ils ont tous terminé

la course. Sabrina Ecoiffier termine 13e féminine en 44h24mn. En 38h40mn, Christophe Loubriat finit 162e au classement d’ensemble, Alain Villas est 985e en 52h17mn et Patrick Ponsat 1242e en 56h10mn.

Le grand vainqueur de la Diagonale des Fous 2015, Antoine Guillon, boucle le parcours en 24h17mn, et Picas Nuria l’emporte chez les dames en 28h11mn.

 

Gilles Caprais

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