LNC du 06/04/2016 : Le soldat Louis répond encore à l’appel

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Depuis près de vingt ans, Louis Morville, 58 ans, est présent sur les courses hors stade et les trails du Caillou. Samedi, le vétéran de l’AC Païta disputera les Dix bornes de l’ASPTT avec toujours la même envie.

Depuis son retour en Calédonie, Louis Morville (à gauche) a participé à une dizaine de marathons dont celui de Nouméa. Sa meilleure performance est de 3 heures et 02 minutes en 2009.

Depuis son retour en Calédonie, Louis Morville (à gauche) a participé à une dizaine de marathons dont celui de Nouméa. Sa meilleure performance est de 3 heures et 02 minutes en 2009.

Photo DR

Septembre 1977, Mutzig à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Strasbourg. Louis Morville a 19 ans lorsqu’il est affecté dans cette ville d’Alsace. « Il faisait froid et il y avait de la neige se souvient-il. J’en avais pour trois ans et je regrettais déjà de m’être engagé, d’avoir quitté la Calédonie. » Mais dans son régiment, il découvre ce qui deviendra avec le temps une passion : la course à pied. « On était trois Calédoniens à être arrivés en même temps, se souvient le natif de la Martinique arrivé à 4 ans sur le Caillou. Pour finir, les deux autres sont partis la première année et moi je suis allé jusqu’au bout. »

 

Retour sur le Caillou

C’est son capitaine qui lui inocule le virus du cross. D’abord entre coureurs de la section jusqu’au cross de l’école des sous-offs de Strasbourg. « J’étais simple caporal, raconte celui que tout le monde surnomme affectueusement Doudou, en référence à ses origines antillaises. J’ai couru avec des personnes plus riches. On voyait la différence rien qu’aux chaussures. »

Samedi lors des Dix bornes de l’ASPTT, ces souvenirs trotteront dans la tête de Louis Morville. Ceux-là et ses premiers trails en Calédonie, lorsqu’il revient enfin sur le territoire après une dizaine d’années en Métropole.

Mais aussi son inscription à l’AC Païta dans les années 90. Le moment où il enfile ce maillot jaune qu’il porte inlassablement depuis. « Je ne pensais pas forcément m’inscrire dans un club, explique-t-il. Mais là-bas, j’ai trouvé une ambiance qui m’a tout de suite plu. »

 

Objectif podium vétérans

Il pensera également à Jean Berthet de l’ASPTT qui, de retour en Calédonie, lui redonne envie de courir après avoir laissé la compétition de côté durant quelque temps. « C’est vrai qu’on a de la chance de pouvoir courir dans des endroits magnifiques, convient l’athlète. Grâce à la course, j’ai pu voir des endroits du Caillou que je n’avais jamais vus alors que je suis ici depuis tout petit. Même si c’est vrai que parfois on ne fait pas attention, quand on est concentré. C’est difficile de regarder le paysage en compétition. (Rires) »

Ce week-end, il ne faudra pas chercher du côté de la tête de course pour voir Louis. Si à une époque, il pouvait courir le semi-marathon de Metz en 1 h 10, à 58 ans, il vise plutôt un podium chez les vétérans.

Suffisant pour lui qui cherche surtout à prendre du plaisir à courir.

 

Une course, des champions

Cette année, les Dix bornes de l’ASPTT serviront de support pour les championnats de Calédonie du 10 km. Au programme, quatre tours et demi le long de la baie Sainte-Marie entre le rond-point de la station Total et celui de N’Géa. Le départ sera donné à 8 heures au niveau du terrain de basket-ball de l’Olympique. Le parcours se fait sur route fermée et ne présente aucune difficulté. L’année dernière, c’est Nordine Benfodda qui s’était imposé en 35’04 devant Stéphane Monin et Jérémy Obozil. Chez les dames, c’est Céline Hirzel qui avait remporté les Dix bornes en 41’47 devant Isabelle Oblet et Nathalie Viratelle.

Mathieu Ruiz Barraud / mathieu.ruizbarraud@lnc.nc

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