LNC du 07/03/2018 : Orlan Ayaden, le nouveau champion éphémère

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Le Mont-Dore (en arrière-plan), le col de Plum ou encore le Pic aux chèvres, celui qui habite à Plum a l’embarras du choix pour s’entraîner à courir avec du dénivelé. En tout, il parcourt près de 80 kilomètres par semaine.

Le Mont-Dore (en arrière-plan), le col de Plum ou encore le Pic aux chèvres, celui qui habite à Plum a l’embarras du choix pour s’entraîner à courir avec du dénivelé. En tout, il parcourt près de 80 kilomètres par semaine. Photos T.M.
Trail. En mission sur le Caillou, Orlan Ayaden s’est découvert une passion pour les raids. Victorieux lors des deux premières courses de la saison, il devrait participer à deux autres étapes avant de retourner en Métropole.

« Imbattable », c’est comme cela que l’avait qualifié Guillaume Boccas, habitué des podiums, après la Sunset Trail de Païta, il y a deux semaines. Le militaire de 27 ans, inconnu au bataillon, ne s’était pas seulement contenté de la première place, il était arrivé avec près de quatre minutes d’avance sur Guillaume Boccas.

Rebelote lors de la Night and Run ce week-end au Ouen Toro où il termine loin devant Damien Boutellier, vainqueur l’an passé des Oceania de trail et du Grand Prix des raids du Nord.

Et pourtant, le caporal-chef Orlan, membre du 3e régiment de parachutiste d’infanterie de marine de Carcassone (Languedoc), n’est pas un traileur aguerri. « J’ai décidé de m’y mettre à fond lorsque je suis arrivé ici. Et finalement, je me suis découvert une passion », confie Orlan Ayaden.

 

« Une culture de la course à pied »

Un sport qui s’accorde bien avec ses aptitudes physiques. Car si le militaire n’avait pris part qu’à un seul trail avant de poser le pied sur le Caillou, courir n’a rien de nouveau pour lui. « À la base, je suis un footeux. Petit, je courais dans tous les sens, mais jamais sans un ballon (sourire) », raconte celui qui est né à Marseille (Bouches-du-Rhône). Victorieux lors de plusieurs cross régimentaires sans entraînement spécifique, ses compagnons d’armes le poussent à s’y mettre plus sérieusement. « À l’armée, il y a vraiment une grosse culture de la course à pied », avoue Orlan Ayaden.

Mais c’est surtout grâce à la Calédonie qu’il commence à y prendre goût : « C’est un bon moyen de découvrir les paysages. Quand je sors du Rimap, j’ai la plage à côté, le Mont-Dore, le Pic aux chèvres, franchement, c’est magnifique. »

 

Bonne ambiance

Depuis son arrivée, en novembre, le Marseillais s’entraîne régulièrement. « Envrion un jour sur deux, je cours le matin à 6 heures le long de la route ou dans la montagne, j’alterne. Et presque tous les soirs, je suis sur la piste d’athlétisme du Rimap pour faire du fractionné, expose-t-il. Je n’ai jamais été aussi en forme (sourire). »

S’il avoue lui-même ne pas suivre un programme précis, Orlan Ayaden compte, dès son retour en Métropole, s’inscrire dans un club d’athlétisme et se trouver un coach afin de « voir jusqu’où il peut aller ».

En attendant, le militaire compte profiter des deux derniers mois qu’il lui reste sur le Caillou pour prendre part au plus de courses possibles. « Il y a le Trail de la Ouenghi (le 18 mars, NDLR) et aussi le Trail des Cagous (le 1er avril, NDLR). Pour celui-là, je ne sais pas vraiment dans quoi je me lance, je n’ai jamais couru autant ! »

Des événements auxquels il aura grand plaisir à participer : « Il y a vraiment une superbe ambiance ici. Les gens sont souriants, tout le monde discute avec tout le monde. On dit que la course à pied est un sport individuel, et bien pas en Calédonie. »

 

 

Ils ont dit :

Damien Boutellier, vainqueur des Oceania de trail 2017 :

« Il est vraiment impressionnant. C’est impossible de le suivre en début de course sans se flinguer pour le reste (rire). À la Sunset trail et à la Night and Run, on n’a rien pu faire. Après, il faut voir ce qu’il donne sur des parcours plus techniques et plus longs, s’il arrive à tenir la cadence. En tout cas, c’est un concurrent sérieux ! »

 

Angélique Plaire, championne 2017 de l’Ultra-trail des Alpes :

« C’est un bon sportif et également une personne très agréable. J’ai pu échanger quelques mots avec lui et il a à chaque fois été souriant et ouvert. En tout cas, il doit se faire de belles sessions d’entraînement pour faire de tels résultats, et notamment sur piste ou sur route. Les deux derniers trails ressemblaient beaucoup à du cross, sa vitesse l’a aidé. »

 

Nordine Benfodda, organisateur de la Sunset Trail :

« J’ai discuté avec lui, il est humble. Sportivement, c’est une machine, il ne se pose pas de questions. C’est beau ce qu’il a fait lors de la Sunset Trail. On a de très bons coureurs calédoniens et pourtant, il est arrivé loin devant. Il a impressionné tout le monde ! C’est sympa d’avoir du sang neuf, pour redynamiser les courses. Si on pouvait avoir des gars comme ça qui arrivent tous les quatre mois, ce serait bien (rire) ! »

 

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