LNC du 10/10/2011 – Gigawatt, ils ont mis les watts

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Ils ont mis les watts

Splendide spectacle offert par les tandems favoris de cette Gigawatt, hier. Équipes hommes et mixtes ont livré une opposition de grande classe, qui a consacré Thomas Testet et Yohan Samanich, ainsi que Véronique Chamberland et David Esposito.

 

Thomas Testet (premier plan) et Yohan Samanich (dernier) ont remporté au sprint cette 17e Gigawatt, devant Ludovic Lanceleur et Xavier Leheutre (au centre).

Des victoires, ils en comptent chacun plusieurs à leur compteur. Mais pourtant, jamais la tonalité des discours d’après-course n’aura autant frisé l’euphorie qu’hier matin. En atteste aussi le cri de joie lâché par Thomas Testet, les poings levés sous la banderole d’arrivée des trente kilomètres, course reine de la matinée.

Match. Une euphorie finalement logique. Car quel match se seront-ils livré ! « Ils », ce sont les athlètes favoris des deux courses phare de la matinée : les courses masculine et mixte. Dans ces deux tableaux, trois équipes devaient à chaque fois s’y disputer la victoire – sur le papier du moins -, et les faits ont été à la hauteur des attentes. Faibles écarts entre les équipes, succession de leaders, incertitude jusqu’au terme du parcours… Toutes les conditions étaient réunies pour se prendre de passion et se réjouir du spectacle produit sur ce dix-septième rendez-vous le long du lac de Yaté.
Chez les hommes tout d’abord, le tandem Gilbert Etchegoimberry – Franck Santos est ainsi passé de la troisième position à la première entre le dixième et le vingtième kilomètre, profitant d’un profil alors plus accidenté pour faire parler les qualités de traileurs de ses deux équipiers. Deux équipiers qui ont fini par lâcher prise quand les qualités foncières devenaient primordiales. Le duo Ludovic Lanceleur – Xavier Leheutre disposait alors des arguments les plus convaincants… Encore fallait-il aller chercher Thomas Testet et Yohan Samanich, partis devant sur une portion plane. Et ils y arriveront… à un kilomètre de la ligne seulement, là où les qualités d’endurance ne comptent plus, la hargne prenant alors le dessus sur n’importe quel atout athlétique. Une hargne que Thomas Testet a su communiquer à son partenaire Yohan Samanich, éreinté, mais qui a su prendre la foulée de son compère du jour pour lancer le sprint… et le remporter.

Menace. L’épreuve mixte, elle, a principalement mis aux prises les formations constituées de Caroline Favier et Laurent Devaud, tenants du titre, et de Véronique Chamberland et David Esposito. Sandrine Fontimpe et Nicolas Darbo, solides troisièmes dans le sillage des leaders, auront toutefois constitué une menace permanente pour les leaders, dont le rétroviseur n’aura, en effet, jamais affiché de panorama dégagé…
Et si les lauréats 2010 ont su prendre très tôt la course à leur compte, ceux-ci ont pourtant fini par s’incliner suite au retour de leurs rivaux à cinq petits kilomètres du terme de l’épreuve, alors qu’une ultime difficulté se dressait devant eux.
« Quand on les a retrouvés en point de mire, on s’est remis à y croire, relatait Véronique Chamberland. On sentait à leur foulée que quelque chose était jouable… » Quelque chose, à savoir la victoire, l’une des plus belles qui ait été donnée de contempler cette saison.
Une saison qui a d’ailleurs pris fin hier matin. Retour des hostilités à partir du mois d’avril prochain.
 

Le palier est bel et bien franchi

Le doute n’est plus permis. Véronique Chamberland, déjà lauréate cette saison du Grand Prix des trails du Nord, vient de s’imposer définitivement comme la traileuse numéro un du Caillou. La raison ? La présence au départ de la plus redoutable des concurrentes, Caroline Favier, obstacle de premier choix qui a trop souvent manqué à la Canadienne, cette année, pour légitimer de façon incontestable sa domination sur le circuit calédonien. Avec ce succès bonifié par la présence d’une athlète jusqu’ici imbattable, la donne a clairement changé. « C’est clair, elle a franchi un palier », reconnaissait ainsi l’équipier de Caroline Favier, Laurent Devaud. « Elle a été trop forte ; il n’y a rien à dire », surenchérissait Favier. L’intéressée, elle, tenait surtout à associer son partenaire du jour, David Esposito, à ce succès au bout du suspense, acquis au pied de l’ultime ascension. « David et moi avons capitalisé sur notre expérience de la dernière Transcalédonienne, déjà courue ensemble. Nous avons corrigé nos défauts dans la gestion de la course et avons pu ainsi rester plus ou moins au contact des premiers avant de les attaquer en fin de parcours », analysait-elle. Véronique Chamberland achève ainsi une saison pleine, l’assurance de s’être fait un nom parmi la hiérarchie locale. Contrairement à cette année, la Québecoise sera donc attendue au tournant en 2012… Mais qu’importe finalement, car la jeune femme a désormais fait montre de qualités mentales au niveau de sa progression physique.

Repères

Nouveau record du parcours. L’intensité de l’épreuve mixte sur les trente kilomètres a accouché d’une statistique impressionnante : les trois premières équipes ont battu ou égalé la précédente marque de référence : 2h54, établie en 2006 par Franck Aïta et Stéphanie Reynaud. Le nouveau record appartient à Véronique Chamberland – David Esposito avec 2h48’14. Vainqueurs l’an passé, Caroline Favier et Laurent Devaud se satisfont de leurs 2h52’00 ; Sandrine Fontimpe et Nicolas Darbo égalent, quant à eux, la barre des 2h54 : 2h54’07.

Et de trois pour Florio. Record du parcours sur le dix kilomètres également, où Sylvain Florio, cette fois-ci accompagné de Stéphane Monin, a continué d’améliorer le temps de référence du tracé, dont il était devenu propriétaire voici deux ans, aux côtés d’Audric Lucini en 43’39. Les deux hommes avaient ensuite abaissé leur marque de deux secondes l’an passé. Florio et Monin ont fait sept secondes de moins hier : 43’30.

Les nageurs s’entretiennent. Si leur calendrier sportif les plonge actuellement en pleine intersaison, les nageurs du Caillou n’en négligent pas pour autant leur préparation physique. Certains d’entre eux étaient présents sur la Mégarando de VTT voici huit jours, et ils étaient encore plus nombreux, parmi l’élite de la nage locale, à s’être engagés hier sur la Gigawatt. Ainsi, Jérémy Verlaguet a pris la deuxième place du dix kilomètres aux côtés du tennisman Christophe Godot, et le tandem Olivier Saminadin – Rudy Bernard a signé une belle huitième place au classement scratch de ce même dix kilomètres. Les poumons sont prêts pour la saison 2011-2012.

L’affluence stagne. Avec près d’un millier d’inscrits (996), cette Gigawatt 2011 aurait pu se targuer d’être la plus massive de ces quatre dernières éditions. Mais de nombreuses absences ont ramené le nombre de participants à moins de 900. 866 sont allés au bout… Bravo à eux.

Classement

1. Testet Thomas et Samanich Yohan 2h31’44, 2. Leheutre Xavier et Lanceleur Ludovic 2h32’00, 3. Santos Franck et Etchegoimberry Gilbert 2h33’52, 4. Tantot Julien et Bodaert Benoit 2h45’26, 5. Chamberland Véronique et Esposito David 2h48’14, 6. Favier Caroline et Devaud Laurent 2h52’00, 7. Fontimpe Sandrine et Darbo Nicolas 2h54’07, 8. Rivière Sabrina et Reb Jean Rene 3h08’48, 9. Reze Alexandre et Marimoutou Doric 3h10’12, 10. Tenor Jean-Paul et Desiles Carle 3h18’37… 15. Humeau-Cochou Laurence et Razanatsara Joeline (première équipe féminine) 3h33’37.

Les résultats complets dans notre édition de demain.

Alban Colombel

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