LNC du 13/01/2021 : Le travail a payé pour Jessy Lohyer

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Jessy Lohyer aimerait découvrir des courses à l’étranger, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, avant de s’initier au trek. En revanche, elle n’envisage pas de s’aligner sur de longues distances. Photo W.d.L
Après avoir découvert la discipline il y a trois ans, Jessy Lohyer s’est très vite prise au jeu. L’an passé, elle a remporté le Grand Prix des raids du Nord, après une préparation sérieuse et de nombreux sacrifices.

Une passion récente

De ses origines nîmoises, Jessy Lohyer a conservé un accent ensoleillé, que dix ans sur le Caillou n’ont pas su gommer. Son esprit de compétition, issu de la gymnastique qu’elle a pratiquée adolescente, est également resté intact. Ainsi, quand elle a découvert le trail il y a trois ans, cette préparatrice en pharmacie, qui pratique aussi le kitesurf, a tout de suite accroché. « La première fois, c’était grâce au Trophée OPT, en 2018, avec des collègues. J’ai trouvé super sympa le fait de courir en montagne, la diversité des terrains… et puis j’ai eu envie de le faire pour la gagne », raconte-t-elle. Jessy se lance alors sur le circuit, sans réels repères. « J’ai commencé à enchaîner les trails, à mon niveau. Mais je voulais tous les faire et dès qu’il y en avait un, je m’inscrivais… En plus, je suivais souvent des amis dans de très longs entraînements. Je suis toujours dans l’excès… Donc je me blessais tout le temps, c’était du n’importe quoi », se rappelle la traileuse de 41 ans, qui avait tout de même fini l’année 2019 par une 2e place au raid de Hienghène.

Entraînement pointu

Début 2020, Jessy décide de s’investir pleinement dans la discipline, et s’attache les services d’un coach, le vainqueur des Oceania de Trail 2017 Damien Boutellier. « Je me suis dit, pourquoi ne pas tenter de faire une vraie préparation, pour voir ce que ça pouvait donner ? » Les premiers résultats sont immédiats, avec une 3e place (1re femme) sur le trail de la rentrée à Boulari. « Ça s’est bien enchaîné, donc je suis partie pour l’année ». Motivée, Jessy, mère de deux enfants de 6 et 8 ans, est contrainte de faire des choix. « Je suis très scolaire. Je me lève tôt le matin, vers 4 heures pour aller courir en montagne et après je travaille jusqu’à 20 heures. Ce sont beaucoup de sacrifices, pour moi comme pour mon mari, qui prend beaucoup de temps pour les enfants », explique celle qui, dans sa préparation, intègre également « de la musculation, des sorties spécifiques et beaucoup de RPM (sport pratiqué sur un vélo d’intérieur, avec différentes intensités) ».

Reine du Nord

Jessy se dirige alors vers le Grand Prix des raids du Nord, elle qui concède préférer les courses inférieures à 20 kilomètres. « Les raids sont aussi un moyen de découvrir de nouveaux territoires et de rencontrer de nouvelles personnes. Nous partons en famille : mon mari fait le petit raid, mon aîné court le parcours familial et mon dernier reste en tribu », sourit la Nîmoise. Deuxième de la 1re étape, à Ouégoa, derrière Marie-Cécile Cavell, elle profite du départ en Métropole de cette dernière pour remporter les deux raids suivants, à Ponérihouen puis à Kouaoua. Et ainsi prendre le large en tête du général. Fatiguée sur le 4e raid (Houaïlou), elle termine 3e, avant de prendre la 2e place de l’ultime étape (Pouébo), s’assurant la victoire finale. Modeste, elle estime « avoir eu de la chance : il n’y avait pas les têtes d’affiche », Marie-Cécile Cavell étant retournée en Métropole et Angélique Plaire ayant coupé pendant sa maternité. Cette année, Jessy espère bien conserver sa couronne de reine du Nord, mais sait que la tâche s’annonce ardue : « Angèle revient et il y a une jeune, Natalia Prado, qui vient d’arriver. À moi de progresser encore plus. » Pour cela, elle compte travailler sur son alimentation et son hygiène de vie : « Je suis une bonne vivante, qui aime le bon vin… Il va falloir changer… »

« J’adore courir en équipe »

Au delà de sa victoire sur les raids du Nord, Jessy Lohyer a également remporté le 20 km de la Gigawatt (avec Laurie Thomé) et terminé 3e de la Coast to Coast (avec Oswald Cochereau et Stéphan Roletto). « Quand ils m’ont proposé de faire équipe avec eux, ça a été un choc, car ils sont super forts donc je me suis mis une grosse pression », explique-t-elle. « Mais j’adore courir en équipe. » Un type de course qu’elle avait découvert sur la Transcal 2019, avec ses partenaires du Team Endurance Shop, Téva Martin et Thomas Hirigoyen. « À chaque fois que je termine une course mixte, je me sens propulsée. Quand un garçon te tractes, tu te dépasses et tu ne te plains pas », poursuit-elle. Sur la dernière Coast to Coast, elle garde le souvenir de partenaires qui avaient su « la respecter, en adaptant leur rythme ». « Deux semaines après, je gagnais un raid, donc cela veut dire qu’ils ne m’avaient pas cassée », salue-t-elle.

« Ce format permet d’apprendre plein de nouvelles techniques, de se faire soutenir. Moi qui adore parler et qui déteste me retrouver seule en course face à moi-même, je trouve ça génial d’avoir des coureurs pour t’aider et te conseiller pendant la course. Ça rend l’effort un peu plus facile », juge celle qui, dans le milieu du trail, a trouvé « des gens super sympas, qui sont devenus des amis », à l’image d’Angélique Plaire avec qui elle a prévu de s’aligner sur la prochaine Gigawatt. Elle qui n’apprécie pas les formats trop longs a déjà prévu le coup : « Je pense qu’Angélique va vouloir faire le 30 km… »

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