Triathlon de Hawaii (LNC du 13/10/2010)

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LNC du 13/10/2010 : Triathlon de Hawaii

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Patrick Vernay a consacré son année 2010 à préparer l’Ironman d’Hawaii, le championnat du monde de la spécialité. Bilan ? Une dix-neuvième place, dimanche, loin de ses espérances, mais avec pourtant quelques motifs de satisfaction.

 

  • Ce qui n’a pas fonctionné

Comme l’année dernière, Patrick Vernay a raté son départ, là où tout se joue ou presque. En nageant dans le second groupe, il est sorti de l’eau esseulé, loin de ses principaux adversaires. En 2009, le Calédonien avait préféré abandonner après ce départ catastrophique. Cette année, il s’est accroché pour finir 19e, montrant ainsi une approche plus positive de l’échec. Bien lui en a pris car cette position, à quelques secondes du Néo-Zélandais Carmeon Brown, 17e mais déjà présent quatre fois sur le podiumde Kona, lui permet de marquer des points en vue de se qualifier pour l’édition 2011. Une maigre consolation tant le Nouméen plaçait des espoirs dans cette course. Cet échec en natation, alors qu’il est capable de suivre les meilleurs dans l’eau, stigmatise sans doute une faille stratégique, unmanque de discernement dans le placement. Une erreur aurait pu être un accident, deux mésaventures de la sorte en deux ans cachent une lacune qui doit être résolue rapidement.
Ce n’est pas en abordant la portion cycliste en retard que le Cagou pourra briller. Une nouvelle fois, il a démontré ses limites dans la spécialité, alors qu’il pensait avoir progressé. Christophe Bastie, deuxième Français du général (37e), qui a rattrapé Patrick Vernay en toute fin du parcours cycliste, n’a pas manqué de le lui faire savoir. « Je sais que c’est mon point faible et Christophe m’a dit que je n’étais pas bien à vélo. Il m'a donné des conseils qui pourraient m’être utiles pour réussir », confiait Patrick Vernay dimanche. Vingt cinquième temps des trente premiers à vélo, le Cagou n’a plus le choix : soit il trouve une solution, soit il ne retrouvera jamais son niveau de 2008, quand il avait conquis une sixième place. Il pointe à un quart d’heure du vainqueur, l’Australien Chris McCormack, après 180 km sur la selle. Et « Macca » n’est pas non plus un spécialiste puisqu’il concède près de huit minutes à l’Américain Chris Lieto, meilleur temps.

  • Les raisons d’y croire

Après ce demi-échec, Patrick Vernay a pourtant des raisons d’espérer encore briller à Kona lors des deux prochaines années, l’échéance qu’il s’est fixée avant de se retirer. La première est son âge. A trente-six ans (il en aura trente-sept le 24 octobre), il est devancé par cinq athlètes nés en 1973, comme lui, voire en 1972. ChrisMcCormack, le vainqueur, est de sixmois son aîné. Patrick Vernay aura trente-huit ans en 2012 et Chris Lieto, onzième, prouve qu’on peut encore réussir de belles performances à cet âge. Mais cette donnée est également à double tranchant puisque le Calédonien sait qu’avec les années, la pression du résultat se fait toujours plus forte, et que ses chances de briller sont de plus en plus rares. La deuxième raison d’y croire est sa qualité de marathonien.
Dimanche, il a encore réalisé une spectaculaire remontée sur les quarante-deux kilomètres. Trente-huitième au moment de déposer son vélo, il a remonté un a un ses adversaires pour décrocher sa dix neuvième place finale. Son marathon couru en 2h50’47 est le huitième temps de tous les engagés. En 8h35’44, le Calédonien échoue à onzeminutes du top 10, à un quart d’heure du top 5. Rapporté au temps perdu dans l’eau et à vélo, cet écart semble facilement rattrapable. Le podium semble beaucoup plus hypothétique car on voit mal Patrick Vernay courir à Hawaii en moins de 8h15 mais il est homme de défi. Faire mieux que cette dix-neuvième place en sera déjà un, en 2011.

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