LNC du 14/05/2016 : Pour apprécier une course, il faut qu’elle soit conviviale

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Amis dans la vie, ennemis en courses. Au sommet des raids locaux depuis plusieurs années, Oswald Cochereau et Ludovic Lanceleur se retrouveront demain sur les 80 km du trail des Cagous. L’objectif principal de la saison pour les deux coureurs.

Nouméa, hier. Oswald Cochereau et Ludovic Lanceleur se retrouveront demain sur les 80 km du Trail des Cagous.

Nouméa, hier. Oswald Cochereau et Ludovic Lanceleur se retrouveront
demain sur les 80 km du Trail des Cagous.

Photo MRB

Les Nouvelles calédoniennes :

Que représente le Trail des Cagous pour vous ?

Oswald Cochereau : En individuel, c’est le plus gros événement du calendrier de trail. Pour moi, c’est mon objectif numéro un. Et je pense que c’est le cas de beaucoup de coureurs du territoire.

Ludovic Lanceleur : C’est vrai que c’est la grande course de l’année. On y retrouve des coureurs étrangers. Donc c’est aussi le moment pour nous de nous jauger par rapport à ce qui se fait à l’extérieur. Et puis c’est une course typique de Calédonie avec notamment cette terre rouge, toujours glissante, qui fait d’un coureur cagou, un coureur très technique.

 

Comment est-ce que vous trouvez les ressources pour arriver au bout de 80 km ?

L.L. : C’est agréable en fait. Donc globalement, ça va. Mais c’est vrai qu’il y a des passages où on se sent moins bien et c’est à ce moment-là que les mauvaises pensées arrivent. On pense à ces petits tracas du quotidien par exemple. Il faut rester concentré.

O.C. : Moi j’ai l’habitude de me mettre dans ma bulle quand je cours. Et en général ça marche plutôt bien. L’an dernier [lors de sa victoire, NDLR], j’avais tenu près de huit heures comme ça. Et puis j’en suis sorti. Ça avait été ensuite l’horreur. Je n’arrivais plus à courir, ni à me motiver. Heureusement, le trou était fait !

 

En quoi la préparation d’un ultra-trail est-elle différente de celle d’une autre course ?

L.L. : On allonge considérablement les longueurs en fait. Alors que d’habitude je cours 1 h 30 par session d’entraînement, là ces dernières semaines, c’est plus cinq heures. Alors je me lève plus tôt.

 

Qu’est-ce qui vous motive ?

O.C. : C’est la compétition. Je ne suis pas dépendant de la course à pied forcément. Mais je suis motivé de montrer que je fais partie des meilleurs coureurs sur le territoire, d’être devant.

L.L. : La victoire est un moteur c’est certain. Mais il y a aussi l’importance de se dépasser qui pousse à courir.

 

Est-ce que vous gardez un souvenir particulier d’une de vos confrontations ?

O.C. : C’est fou mais non. En fait on n’a jamais été ensemble en forme sur la même compétition. Du coup mon meilleur souvenir avec Ludovic, c’était le raid de la piste l’an dernier. On avait fait équipe, mais on s’est constamment tiré la bourre (rires).

L.L. : Je me souviens être tombé dans un virage un peu serré parce que ni l’un, ni l’autre ne voulaient passer derrière (rires).

 

C’est quoi votre vie en dehors de la course ?

O.C. : La famille. J’ai deux filles et j’essaye de passer un maximum de temps avec elles et ma femme. J’essaye de ne pas trop abuser de la course. En fait, je ne peux pas courir comme il le faut si je ne suis pas serein. Il ne faut pas que je sente que seule ma femme doive faire des efforts.

L.L. : C’est vrai qu’en plus du travail, je passe le maximum de mon temps en famille. Du coup j’essaie de me lever le plus tôt possible pour l’entraînement. Cela me permet de ne pas rentrer trop tard ensuite.

 

Quel est votre rêve sportif ?

O.C. : J’aurais voulu que le trail soit autant médiatisé il y a une quinzaine d’années qu’aujourd’hui. Avoir pu profiter d’un team, en faire mon métier. Mais je n’ai pas de regret. J’aimerais par contre faire un jour une course du style du marathon des sables. Des courses à étapes qui permettent de voyager et d’être dans une ambiance conviviale. Pour moi c’est ça la course.

L.L. : C’est vrai que le marathon des sables est une compétition qui me plaît aussi. Et puis pourquoi pas un jour la Barkley (la course la plus dure du monde, lire notre édition du 20 avril NDLR). J’ai vu ce que Dominique Ecoiffier avait fait là-bas. On le connaît bien et se dire qu’il n’a pu faire qu’un tour sur cinq, ça en dit long sur la difficulté de l’épreuve. Mais il faudrait que je trouve le temps !

 

mathieu.ruizbarraud@lnc.nc

Repères

L’Ultra-trail

C’est la course phare de la journée de demain. Au programme, 80 km et 3316 m de dénivelé positif autour du parc de la Rivière bleue. Le départ sera donné à 7 heures au niveau de l’entrée du parc. Les coureurs se lanceront dans un parcours jusqu’au pont Germain en passant par le pont Pérignon avant un retour proche du point de départ. Les meilleurs devraient boucler la course en moins de 10 heures. Parmi les favoris, on trouvera Oswald Cochereau et Ludovic Lanceleur chez les Cagous ou encore l’Australien Ross Hopkins ou le Danois Jorgen Clausager. Chez les femmes, Véronique Chamberland sera l’une des favorites avec Angélique Plaire.

Les podiums 2014

Hommes

1. O. Cochereau en 9 h 20 min
2. C. Truscott
3. Y. Samanich

Femmes

1. J. Oborne en 11 h 01 min
2. V. Chamberland
3. A. Plaire

Les autres courses

Trois autres parcours sont proposés lors de cette journée au Parc de la Rivière bleue. Le Trail Sfac, de 38 km qui commencera à 7 heures, le Trail Kalenji de 20 km à 8 heures et enfin une randonnée de 8 km entre 8 heures et 9 heures. Tous les départs se feront depuis l’entrée du parc provincial.

Propos recueillis par Mathieu Ruiz BarraudENTRETIEN avecOswald Cochereau et Ludovic Lanceleur

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