LNC du 19/06/2013 : Trail. Nathalie Viratelle vise le doublé Transcalédonienne – Grand Prix du Nord

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Elle rêve de sommets

 

Son retour à la compétition avait été marqué par une victoire de prestige sur la Transcalédonienne. Un an plus tard, Nathalie Viratelle est loin d’être rassasiée. Elle lorgne aujourd’hui sur le Grand Prix du Nord.

 

Nathalie Viratelle a encore un sommet à gravir : celui qui la sépare du titre sur le Grand Prix du Nord.

Photo Alban Colombel

 

C’est assurément l’histoire d’une passionnée. Une passionnée de sport au sens large – elle a d’ailleurs fait de l’éducation physique et sportive son métier -, une passionnée de course en montagne plus particulièrement. Un univers dans lequel Nathalie Viratelle, alors adolescente, s’est retrouvée plongée le plus naturellement du monde, en suivant ses parents sur les différents trails qu’offrait le Caillou dans les années 1990. « C’est ma mère qui a été la première à attraper le virus. Elle disputait même les épreuves de 100 kilomètres… Mon père, lui, faisait de la chasse sous-marine mais a fini par s’y mettre également. Et moi, j’adorais l’ambiance des compétitions de Brousse. »

C’est donc dès 16 ans que la native de Nouméa se lance dans le circuit. Transcal’, Gigawatt… Tout y passe. Un an plus tard, elle signe son premier podium d’envergure : une troisième place sur la Transcalédonienne, aux côtés de Pascal Friant et d’Éric Blum. « Mon meilleur classement jusqu’à l’an dernier, finalement ». Soit jusqu’à son retour à la compétition et sa criante victoire, assistée de Ludovic Lanceleur et d’Anderson Paulin.

 

Montagne. Son second retour à la compétition, plus précisément. Car la jeune femme aurait pu, par deux fois, délaisser les sentiers de la Chaîne. Partie suivre ses études dans la très plate Aquitaine, elle s’adonne dès lors, un peu par contrainte, aux courses sur route. Quelques années et une septième place aux championnats de France 1999 de semi-marathon plus tard, revoici Nathalie Viratelle sur ses terres. « Mon truc, ça reste vraiment la montagne. Ça vaut d’ailleurs aussi pour le vélo, que je pratique également avec assiduité, mais uniquement en version VTT. » L’athlète reprend le chemin des trails et devient la dauphine attitrée de Stéphanie Reynaud, leader du circuit des années 2000.

Arrive alors le second retrait de Nathalie Viratelle. Cette fois-ci pour donner naissance à son fils Sandro, 2 ans et demi aujourd’hui. Pendant ce temps, le paysage du trail féminin évolue, et une certaine Véronique Chamberland est devenue la nouvelle intouchable des lieux. La Nouméenne, de retour dans la capitale après huit années passées à enseigner à Poindimié, le constate d’emblée et à ses dépens l’an passé, ne pouvant prendre que la deuxième place du Grand Prix du Nord, sorte de championnat territorial officieux, de fait prisé par tous les pontes de la discipline.

Alors, Nathalie Viratelle éternelle seconde ? « C’est bien ce que j’espère changer ! », plaisante-t-elle, de son large sourire qui ne la quitte jamais. « Aujourd’hui, la compétition est devenue très dense, et j’adore ça. Outre Véronique, certaines adversaires de taille sont arrivées sur le circuit, comme Céline Debaene ou Suzanne Hirigoyen, et d’autres sont revenues, à l’image de Leslie Nowicki et Isabelle Oblet, contre qui je prends toujours un grand plaisir à me battre. C’est ma grande copine sur le circuit. »

 

Objectifs. Une densité du plateau qui motive plus qu’elle n’effraie la championne. « Bien sûr, je préfère signer une place de second plan dans un tel contexte que gagner sans avoir à lutter », estime celle qui nourrit toutefois des ambitions plus hautes que les seules places d’honneur. « J’ai fait de la Transcalédonienne et du Grand Prix du Nord mes deux objectifs de la saison pour une raison bien identifiée : la Transcal’ est un titre que je veux conserver, et le Grand Prix la plus importante compétition que je n’ai jamais remportée… »

En clair, Nathalie Viratelle rêve du doublé, et à ce stade de la saison où tout reste à conquérir, l’athlète ne fait pas dans le compromis. « Choisir entre le Nord et la Trans’ ? Impossible ! Les deux sont aussi importantes à mes yeux. Gagner en équipe avait été une sensation géniale l’an passé, mais m’imposer sur un challenge individuel est désormais ce qui me manque… » Son succès à Hienghène sur la deuxième des six manches du Grand Prix 2013 indique que le rêve est accessible ; sa modeste sixième place samedi dernier à Ponérihouen (troisième manche) rappelle toutefois qu’il l’est aussi pour ses rivales…

Alors oui, gravir les sommets, Nathalie Viratelle connaît. Reste aujourd’hui à savoir si celui qui la sépare du sacro-saint Grand Prix sera, un jour, à sa portée.
 

Bio express

Nathalie Viratelle

33 ans, née le 2 octobre 1979

Enseignante en éducation physique et sportive au collège Champagnat (Nouméa)

Vainqueur de la Transcalédonienne 2012 avec Ludovic Lanceleur et Anderson Paulin

Deuxième du Grand Prix du Nord 2012

 

A.C.

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