LNC du 20/08/2012 : Interurbain, le cap est rétabli

0
271

Le cap est rétabli

Une semaine après son faux pas de Touho, Ludovic Lanceleur a remis les pendules à l’heure en s’octroyant (très) haut la main la victoire sur l’Interurbain de Nouméa. Lui et Erika Ellis ont été les héros d’une course qui aura attiré 285 participants.

 

Dans le rétro de Ludovic Lanceleur, que des badauds… Deuxième, Jérôme Loups arrivera deux minutes  et vingt-trois secondes plus tard, ne pouvant que constater l'insolente domination de son bourreau.

Dans le rétro de Ludovic Lanceleur, que des badauds… Deuxième, Jérôme Loups arrivera deux minutes et vingt-trois secondes plus tard, ne pouvant que constater l’insolente domination de son bourreau.
Photo A.C.

 

À ce niveau de domination, on ne parle plus en secondes mais en plages… Hier, Ludovic Lanceleur a ainsi infligé une Anse Vata de retard à ses poursuivants. L’homme en terminait avec les treize kilomètres du jour, au bout de la baie quand, à son autre extrémité, Jérôme Loups et Stéphane Monin entamaient cette longue dernière ligne droite, et du même coup leur combat pour la deuxième place. Les mollets dans le sable, les deux hommes avaient tiré depuis un bon bout de temps un trait sur la victoire.

« Je suis parti comme un malade, avouera Lanceleur. Comme un mon habitude, j’ai souhaité durcir la course d’entrée pour m’éviter une arrivée au sprint, sur laquelle mes chances auraient été sérieusement réduites. » Le long de la baie de Sainte-Marie puis de la promenade Vernier, l’athlète de la JS Vallée du Tir n’a eu cesse de creuser son avance avant l’entame de l’unique difficulté du jour : l’ascension du Ouen Toro et ses 220 mètres de dénivellation.

Sur son terrain de jeu, l’homme s’est alors mis à « gérer » son avance pour s’assurer un matelas d’énergie avant le final sur la plage. Une précaution de trop dans la perspective du record de l’épreuve*, qu’il espérait accrocher (46’41 pour Patrick Vernay en 2009 ; 48’41 pour Lanceleur hier).

Deuxième. Jérôme Loups, lui, savourait sa deuxième place du jour. Sur « un parcours trop court et trop rapide » pour lui, l’homme a dû s’employer pour revenir sur Stéphane Monin dans l’ascension du Ouen Toro. Les deux athlètes, aux qualités diamétralement opposées, ont d’ailleurs offert un joli spectacle sur les sentiers de la colline, Monin reprenant sa deuxième place virtuelle sur une portion roulante avant que Loups, dans la descente finale, n’inflige à son rival une cinquantaine de mètres décisifs et suffisants pour conserver son bien. Malgré ses inquiétudes : « sur le plat, je pensais que Stéphane allait revenir, car c’est un rouleur », chose à laquelle Stéphane Monin rétorquera « sur route, peut-être, mais sur le sable, j’étais cuit, et ai préféré assurer ma place sur le podium. »

La course féminine, plus mouvementée (lire ci-dessous), a vu la victoire d’Erika Ellis devant la revenante Josiane Chipeaux, autant réjouie de sa performance que de son retour sur les trails. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant, d’après ses dires, de retrouver la marathonienne sur les sentiers dès la saison prochaine, six ans après sa dernière apparition.

 

(*) : La notion de record d’épreuve est ici à prendre avec des pincettes : le tracé, au niveau du Ouen Toro, ayant parfois subi de légères modifications, comme cette année d’ailleurs.

Déboussolant, ce Ouen Toro

Victorieuse la veille du triathlon de Netcha, Erika Ellis a-t-elle été victime d’une baisse de régime sur l’Interurbain, hier matin ? C’est ce qu’ont pu penser certains observateurs en voyant arriver celle-ci en troisième position sur la ligne d’arrivée, après avoir pourtant solidement mené les débats en entame des hostilités (elle comptait ainsi une minute et cinq secondes d’avance sur Véronique Chamberland au pied de l’ascension du Ouen Toro). L’explication est finalement tout autre. Nathalie Viratelle et Véronique Chamberland ont en effet coupé la ligne avant la favorite du jour après avoir manqué une bifurcation sur le tracé et ainsi écourté leur périple de plus d’1,5 kilomètre, pour se retrouver en tête sans même avoir eu à doubler Erika Ellis, qui ne doutait donc pas de sa victoire avant même l’officialisation du résultat.

Il ne faut toutefois aucunement voir en ce scénario le résultat d’une manœuvre de la part des deux traileuses, disqualifiées bien malgré elles, au même titre que huit messieurs victimes du même égarement. Un égarement somme toute paradoxal, celui-ci étant le résultat d’un changement de tracé voué à éviter toute tricherie. L’organisation a en effet souhaité contrer toute utilisation de raccourcis sur le Ouen Toro, terrain d’entraînement connu dans ses moindres parcelles par les trailers, en y modifiant le parcours des années passées et en y implantant deux points de contrôle supplémentaires. Têtes baissées, les concurrents égarés ont suivi le chemin usité l’an dernier sans même y réfléchir, se retrouvant quelques mètres plus tard de nouveau sur le bon tracé… mais en sens inverse ! Le mal était fait, le point de contrôle manqué, et Véronique Chamberland n’avait plus qu’à signaler son erreur à son arrivée… Un geste de fair-play qui lui vaudra les remerciements de l’organisation.

Alban Colombel

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant