LNC du 21/05/2012 : Trails des Cagous

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Lanceleur le plus grand

 

Ludovic Lanceleur s’est offert une victoire de prestige, samedi matin au parc de la rivière Bleue. L’athlète a devancé, outre le gratin du trail calédonien – quasiment au grand complet -, l’un des grands noms du circuit métropolitain, Pascal Blanc.
 

Après une saison 2011 noire, Ludovic Lanceleur a pris sa revanche de la plus belle des façons, samedi face au gotha du trail calédonien.

 

C’est incontestablement une motivation hors du commun qui a permis à Ludovic Lanceleur de remporter, samedi matin au parc de la rivière Bleue, la course la plus relevée de ce début de saison. « Je la voulais tellement, exultait l’intéressé au terme d’un parcours de 53,5 kilomètres avalé à la vitesse folle de 9,85 km/h, soit en cinq heures, vingt-cinq minutes et cinquante-deux secondes… J’ai vraiment mis toutes les chances de mon côté. Je suis venu reconnaître le parcours à deux reprises, j’ai suivi une préparation complète et appropriée, aussi bien au niveau physique que diététique. J’ai même effectué deux sorties de sept heures pour m’habituer à ce type d’effort… » Le tout un an après avoir été victime d’une déchirure des ligaments croisés au genou, qui avait fait de ce grand animateur du circuit calédonien l’un des grands malheureux de l’exercice 2011.

Hommage. Sa revanche prise sur le sort, Ludovic Lanceleur peut désormais apprécier à sa juste valeur l’hommage que lui rendait, sur la ligne d’arrivée, l’un des grands de la discipline, Pascal Blanc, deuxième du Grand Raid de la Réunion l’an passé… et donc également deuxième samedi. Parti en méforme et victime d’un choc violent contre un rocher, Blanc n’imputait aucunement sa deuxième place au contexte :
« Au mieux, j’aurais peut-être accusé un écart moins conséquent à l’arrivée, mais je n’aurais jamais pu l’emporter. Ludovic a été le plus fort, c’est incontestable. Il a de réelles qualités de rouleur, et a sans cesse accentué son avance sur les portions roulantes. Mais il m’a également surpris à me distancer sur les parties techniques. Il a tout ce qu’il faut pour devenir un grand champion. »

Tonitruant. Un champion qui a réussi à se faire la malle dès le 15e kilomètre, après un début de course tonitruant des deux hommes, qui ont très tôt écœuré leurs adversaires. Derrière eux, Gaël Bonnace n’a d’ailleurs jamais cherché à rivaliser. Pour son premier test sur la distance, le cycliste s’est avant tout attaché à remporter son « match dans le match » contre Franck Santos qui, à plusieurs reprises, aura pourtant réussi à revenir sur le futur troisième, avant de définitivement lâcher prise à dix kilomètres de la ligne. Une ligne qu’aura franchie une centaine de concurrents, comme espéré par une organisation qui peut se féliciter d’avoir mis sur pied, voici un an, la course sur laquelle se donne rendez-vous aujourd’hui le gotha du trail calédonien. À défaut de porter l’étiquette de « championnat », le Trail des Cagous en porte donc l’esprit, et a même trouvé, samedi, un très grand champion.

 

Impossible de rivaliser

Habituée aux lauriers sur les autres rendez-vous du Caillou, Véronique Chamberland a dû se contenter de la place de dauphine, samedi. Pas une raison pour ne pas afficher un large sourire sur la ligne d’arrivée : la victoire était tout simplement inaccessible. La traileuse n°1 du circuit calédonien était en effet, cette fois-ci, opposée à une certaine Myriam Guillot, rien de moins que la championne du monde de raid aventure… Ou quand le sport amateur rencontre le sport professionnel. Un monde séparant les deux jeunes femmes, Véronique Chamberland a donc choisi, à juste titre, de ne pas faire cas de la participation de la championne : « Avant le départ, je me disais simplement qu’il fallait finir ; je ne m’étais même pas fixé d’objectif chronométrique. J’ai adopté un rythme tranquille, puis me suis prise au jeu, petit à petit. J’ai alors commencé à remonter quelques concurrents et ai finalement trouvé une allure que j’ai pu conserver sans heurt jusqu’au bout. » Celle qui compte pour seule expérience sur la distance qu’un ultra-trail de 56 kilomètres, couru en Australie en janvier dernier, s’est donc concentrée sur sa course, estimant que « suivre Myriam aurait été une erreur : elle me devance tout de même de plus de trente-cinq minutes ! ». Myriam Guillot n’a en effet jamais eu à regarder dans le rétro. « Ça s’est bien passé, confirmait-elle. J’ai couru à mon rythme, sur un parcours génial, fait d’une grande variété de terrains : relances techniques, parties roulantes, dénivellation, etc. » La championne n’a, en outre, pas décliné la possibilité de revenir sur le Trail des Cagous lors de futures éditions : « Avec Jacky (Boisset, son coéquipier au sein de l’équipe Thule championne du monde de raid), nous devrions nous baser en Australie durant les prochains hivers métropolitains. Si le calendrier le permet, pas de problème pour revenir ! » Avant cela, place à une étape de coupe du monde de raid aux États-Unis pour Myriam Guillot ; place au trail de Koumac, le 2 juin, pour Véronique Chamberland.

Le classement

Messieurs
1. Ludovic Lanceleur 5h25’52, 2. Pascal Blanc 5h58’35, 3. Gaël Bonnace 6h12’13, 4. Franck Santos 6h28’48, 5. Jacky Boisset 6h32’29…
Dames
1. Myriam Guillot 6h32’27, 2. Véronique Chamberland 7h08’55, 3. Karine Estieux 7h42’52, 4.Dominique Le Flecher 7h43’41, 5. Caroline Favier et Régine Saphores 5h05’55…

 

Repères

470 Cagous. Ils étaient 470, samedi matin, au départ des quatre parcours proposés par l’organisation : 105 sur le trail MKM de 53,5 kilomètres (97 arrivants), 135 sur le trail La Sfac de 27 kilomètres (124 arrivants), 130 sur la rando Outsport de 16 kilomètres et 100 sur la rando Daf Trucks NC de 7,5 kilomètres.

Remise des prix ce soir. La remise des prix pour les compétiteurs des deux courses aura lieu ce soir, à 18 heures, à la nouvelle base de voile, sur la Côte- Blanche.

Testet et Loups sur la plus haute marche. Bien qu’il ait franchi seul en tête la ligne d’arrivée, Jérôme Loups (photo) doit partager sa victoire sur le second trail, long de 27 kilomètres, avec un autre athlète : le malheureux Thomas Testet. La raison : une défaillance dans le balisage, à l’entame de la dernière descente, a induit en erreur plusieurs concurrents, dont celui qui occupait alors la première place, Thomas Testet. L’organisation a alors établi un classement à l’amiable pour contenter la totalité des participants. Le podium est d’ailleurs complété par Stéphane Monin, également objet d’un reclassement. La lauréate féminine du parcours, enfin, n’est autre qu’Ombeline Gargne, compagne de Pascal Blanc, deuxième du grand trail.

Les champions du monde en binôme. Myriam Guillot et Jacky Boisset, champions du monde en titre de raid aventure et invités de l’événement, ont choisi de faire route ensemble sur les 53,5 kilomètres pour 2 300 mètres de dénivellation positive proposés. Quelque peu éreinté par une campagne de raids en Chine, les jours précédant l’arrivée du couple sur le Caillou, Jacky Boisset a ainsi préféré suivre le rythme imprimé par Myriam Guillot qui, elle, n’a pas fait dans la demi-mesure pour s’imposer dans la catégorie féminine. Outre sa victoire, l’athlète a en effet pris la cinquième place du classement scratch…

Textes et photos Alban Colombel

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