LNC du 23/04/2019 : Lanceleur comme un poisson dans l’eau

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Ludovic Lanceleur enchaîne juste après le passage du vieux refuge de Rivière-Blanche. Photos F.L.

Ludovic Lanceleur enchaîne juste après le passage du vieux refuge de Rivière-Blanche. Photos F.L.Trail. Comme attendu, il est tombé des trombes d’eau lors du trail des Cagous dimanche matin. Ce qui n’a pas empêché Ludovic Lanceleur de signer une 6e victoire personnelle en six participations.

Le menu était couru d’avance : une terre rouge glissante et boueuse, une pluie d’abord intermittente puis continue, des conditions à la limite du dantesque… « On n’a jamais eu ce temps-là, lâche Laurent Devaud, organisateur du trail des Cagous. On a souvent eu le déluge mais là, c’est épique. Et ça n’arrête pas… » Pas de quoi décourager pour autant les quelque 370 intrépides à braver dimanche matin les sentiers du parc de la Rivière-Bleue. Même si l’organisation a dû improviser dans l’urgence « un plan B ».

« Hier soir (samedi), on a eu le retour d’un bénévole comme quoi à un endroit, au niveau d’une rivière, il y avait plus d’un mètre d’eau avec du courant, raconte Laurent Devaud. Les coureurs ne pouvaient pas passer par là. On a décidé de modifier les deux grands parcours. C’est la seule édition où on n’est pas passé sur le pont Pérignon il me semble, alors qu’il est plein (avec l’eau) à craquer, qu’il est magnifique. »

« Au bout de 10 bornes, ça m’a démangé »

Derrière, branle-bas de combat pour les bénévoles, balisage de secours, fléchage de fortune et au petit matin, pour les départs du 60 et du 45 km – raccourcis à 53 et 40 km -, annonce des changements aux coureurs.

« De se dire que finalement il y en a un petit peu moins, psychologiquement, ça aide à en mettre un peu plus », glisse Franck Santos, engagé sur la plus longue distance. De fait, dès les premiers kilomètres, la locomotive de tête est partie relativement vite.

« Je suis du genre à m’enflammer au départ et là, j’ai essayé de ronger mon frein au maximum. Y en a un qui est parti fort, y avait un groupe derrière avec Gauthier Legrand et Franck Santos qui sont partis plus tranquillement, je suis resté avec eux », relate Ludovic Lanceleur.

Incertain sur son état de forme et sa capacité à encaisser l’effort, le quintuple vainqueur de l’épreuve (2012, 2013, 2014, 2016, 2018) n’est pas du genre à se lover tranquillement dans l’allure d’un peloton. Chasser le naturel… « À un moment, au bout de 10 bornes, ça m’a démangé. L’autre devant, je ne le voyais plus, du coup j’ai attaqué. J’ai mis du temps à revenir sur lui, je ne me suis même pas rendu compte quand je l’ai doublé parce qu’apparemment, il a mis la flèche, il a abandonné. Là je me dis “est-ce que je vais tenir le coup ??? Je n’avais fait que 25 km… » Oui, mais un Lanceleur inquiet n’est pas un Lanceleur forcément diminué. Et pour une reprise, tout à sa propre surprise, il s’impose au bout des 53 km et 2 300 mètres de dénivelé en 5 h 43, soit 18 minutes plus vite que son dauphin sur la ligne d’arrivée, Franck Santos (6 h 01).

« Je suis parti sur un rythme un peu élevé et ça a tenu, savoure ce dernier. J’ai bagarré avec Gauthier (Legrand) pendant un bon moment puis vers le 30e, j’ai mis une accélération dans la bosse et il n’a pas suivi. J’ai continué sans me retourner. Je me suis payé quelques belles glissades (rire), Gauthier aussi. C’était assez dangereux comme terrain, très technique. »

Nardoux à son allure

Il y en a une qui ne s’est pas pris une seule gamelle, qui se présentait au départ avec moins de certitudes que d’autres et qui termine contre toute attente sur la boîte : en 6 h 29 de course, Axelle Nardoux se classe 3e au scratch et 1re féminine.

« Les jambes ont bien réagi, l’entraînement a payé, se satisfait-elle. Je me suis mise dans ma bulle et je ne réfléchissais pas à qui était derrière. À l’UTNC (elle courra le 135 km, une première pour elle), je ne partirai pas aussi vite, mais aujourd’hui, ça m’a montrée que j’avais quand même des réserves, que j’en avais sous la pédale. »

De son côté, Angélique Plaire (2e féminine, 8e au scratch en 6 h 40) a vécu une « drôle » de course : à l’aise les 10 premiers kilomètres, prise de vomissements ensuite, pas loin de jeter l’éponge pour finalement aller « mieux à partir du 40e »… « Tu ne sais jamais sur une course ce qu’il peut arriver, rappelait-elle encore dans la zone d’arrivée, mêlant cette fois l’expérience à la parole. Oui, je suis quelqu’un qui court sur du long, c’est davantage ma distance que d’autres, mais voilà, t’es pas à l’abri. »

Ils ont dit

Guillaume Boccas (1er du 40 km en 4 h 20)

« J’espérais faire un peu la course avec Damien (Boutellier), c’est quand même long 40 km, ça peut être assez chiant si tu es tout seul. Je suis parti à mon rythme et je me suis vite retrouvé devant. Et bien tant pis. Dans la dernière descente, les crampes sont revenues à fond (rire). Pourtant, je pensais avoir le volume. »

Damien Boutellier (2e du 40 km en 4 h 30)

« Je pense que dans la dernière côte, il a envoyé comme un porc (à propos de Boccas). Moi, je suis monté tranquille, j’ai géré, je ne voulais pas me tuer. Une seconde place, c’est comme une victoire. J’avais l’expérience de la Tarawera où j’avais trop tiré et au 40e, j’avais explosé, donc je ne voulais pas revivre ça. J’adore ces conditions, plus c’est dégueulasse, mieux c’est (rire). C’était un “mud day” ! »

Leslie Nowicki (3e du 40 km en 4 h 38)

« À partir du 7e kilomètre, dans la première côte, j’ai eu une tétanie des cuisses comme je n’en ai jamais eue. Ça m’a duré 7 bornes, je ne sais pas ce qui m’est arrivée. C’était hyper dur (les jambes), j’ai essayé de boire beaucoup, de prendre un gel anti-oxydant – ça m’a sauvée. J’ai croisé les doigts et puis c’est passé. »

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