LNC du 25/09/2015 : TRAIL. RAID DES GRANDES FOUGÈRES

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LA PATRONNE GÈRE EN DOUCEUR

 

Dimanche à Farino, les concurrentes de Véronique Chamberland vont avoir du mal à lui faire de l’ombre. Dominatrice depuis plusieurs saisons sur les trails du Caillou, qu’elle a pratiquement tous gagnés, elle reste encore l’une des meilleures athlètes même si elle a moins couru en 2015.

Véronique Chamberland veut préparer l’ultra-trail des Pyrénées la saison prochaine.
Photos I. C. et F. B.

Véronique Chamberland n’a plus rien à prouver. Ni à elle-même ni à ses concurrentes. La traileuse de 32 ans, l’une des plus titrées du Caillou ces dernières années a pris du recul cette saison en ne participant plus systématiquement à chaque course du calendrier. Elle a ainsi laissé la porte grande ouverte à des coureuses comme Axelle Nardoux, vainqueur du classement général des Grands Raids du Nord, ou Mélanie Boudier. Mais si elle court désormais « pour le plaisir et sans pression » selon ses mots, elle sait montrer quand il le faut qu’elle est toujours la patronne sur les pistes.

Sur chacun des trois grands raids auxquels elle a participé, à Voh en avril, à Hienghène en mai et à Kaala-Gomen le week-end dernier, l’athlète, d’origine canadienne s’est imposée. Une mise au point nette et sans bavure. Invaincue dans le Nord, Véronique Chamberland n’a pas connu la même réussite en province Sud. Encore une fois, la championne a buté sur l’obstacle Transcal, la seule épreuve qu’elle n’a jamais gagné depuis son arrivée en Calédonie en 2008. En compagnie de Thierry Fondère et de Christophe Castille, elle se hisse tout de même sur la troisième marche du podium.

 

Entraînement. « Ce n’est pas une course pour moi, tranche Véronique Chamberland. Et puis j’ai l’impression que ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent. Cette course est imprévisible. » Même déçue de ne pas avoir remporté cette course, elle ne s’en formalise pas davantage.

Désormais très occupée par ses activités professionnelles, la consultante en organisation dans le secteur public ne veut plus consacrer autant de temps qu’auparavant à ses entraînements. « Je me prépare au maximum une dizaine d’heures par semaine. Au-delà, c’est beaucoup, limite trop. » De la même manière, elle sélectionne aussi ses courses afin de mieux gérer ses temps de récupération.

 

Défis. Si en 2011 et en 2012 elle avait gagné toutes les courses du calendrier, la traileuse éprouve désormais parfois une forme de « lassitude à vouloir être performante à tout prix. » Et préfère à la place se lancer de nouveaux défis. En participant par exemple à des triathlons, comme l’half iron-man de Cairns en Australie en juin dernier. Une nouvelle discipline qu’elle a découverte avec son compagnon et qu’elle va de nouveau pratiquer en novembre prochain dans les Blue Mountains, près de Sydney.

Pour entretenir la flamme de la motivation, Véronique Chamberland veut aussi se mettre à l’épreuve sur des distances plus longues. Comme l’ultratrail des Pyrénées, long de 160 kilomètres, qu’elle projette de courir en juin 2016. Une distance éprouvante sur laquelle elle a pu commencer à se tester cette année en étant la première Calédonienne, et neuvième au général, sur l’utra-trail des Cagous qui ne fait « que » 80 kilomètres. Un parcours bien plus long que les 21 kilomètres du raid des Grandes Fougères, à Farino, auquel elle va participer dimanche. Et évidemment, compétitrice dans l’âme malgré sa fréquentation moins assidue des courses, Véronique Chamberland y va « pour gagner. »

Le programme

Le raid des Grandes Fougères va se dérouler au parc du même nom dimanche prochain. Les traileurs attendus auront le choix de parcourir trois itinéraires. Un, familial, de cinq kilomètres, l’autre de dix kilomètres et le dernier, le plus compétitif de 21 kilomètres comprenant 1 100 kilomètres de dénivelé positif.

François Benito

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