Mont Humboldt (LNC du 25/10/2008)

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LNC du 25/10/2008 : Nouveau départ au pied du Humboldt

 

Un peu plus bas, un peu plus près : le sentier du Humboldt, rattrapé par la mine, prend un nouveau départ. Il vient tout juste d’être ouvert, sous la forêt parsemée de kaoris. Une entame digne de sa réputation.

De grandes volées de marches taillées voici longtemps dans la terre rouge et le maquis minier d’un épaulement du Vulcain. Un panneau artisanal orné de vieilles chaussures de randonnée, avec les heures de marche pour la forêt à mousses, le refuge et le sommet du Humboldt, le Nékondo et même Petit Borendi. À 760 mètres d’altitude, tout en haut de la mine Galieni, face à la grande vallée de la Tontouta, c’était le point de départ de l’une des plus variées et des plus agréables randonnées pédestres de Nouvelle-Calédonie. Sauf que la mine a rattrapé le sentier du Humboldt, déjà grignoté sur quelques dizaines de mètres par le front de taille, et qu’il a fallu lui trouver un nouveau départ.
Tant pis, tant mieux. L’ancien départ était  emblématique du Humboldt, mais il était aussi problématique. En semaine, il fallait traverser le domaine privé d’une mine en activité, ce qui n’est pas le mieux question sécurité. Et le week-end, le portail du bas de l’exploitation étant fermé, les randonneurs étaient contraints à un long parcours d’approche, labyrinthique et sans intérêt.

Le nouveau tronçon a été ouvert à la pelle et à la pioche

Le nouveau sentier démarre hors de la zone d’exploitation, au bout de la petite bretelle à gauche dans la dernière épingle à cheveu en aval du portail. L’entreprise Montagnat doit y aménager un parking, et la province y ajouter un faré ouvert. Pour l’heure, seul un cairn marque le début du sentier. Un éboulis, cent mètres de terrain minier, un creek sec et il entre tout de suite dans un lambeau de forêt humide étonnamment préservé, sur le flanc d’un talweg. Il serpente entre pandanus, palmiers, fougères arborescentes et kaoris, enchaîne lacets sur lacets quand le terrain se fait plus raide, et débouche 220 mètres plus haut et 1 900 mètres plus loin sur le sentier normal, à quelques centaines de mètres du départ initial. Soit une demi-heure sans traîner, trois quarts d’heure d’un pas paisible. Une belle entrée en matière pour le Humboldt, mais pas moins casse-mollets que l’ancien itinéraire pour les marcheurs amateurs qui attaqueraient trop vite.
Cinquante centimètres de large au minimum, souvent plus. Le nouveau tronçon a été ouvert à la pelle et à la pioche par une équipe de Cagoutrek, l’entreprise qui avait ouvert le sentier de grande randonnée entre la rivière Bleue et le barrage de Dumbéa. Sundy, Freddy, Jean-Didier, Charles, Danny, Florian et Sébastien y ont passé un mois plein. Ils n’ont utilisé que des matériaux naturels : le bois de ce qu’ils ont dû débrousser pour tenir les talus aval ou les marches, et les pierres du chemin, parfois beaucoup de pierres quand il fallait ouvrir la piste dans les éboulis moussus. Les petits kaoris rencontrés sur le chemin ont été remis en terre un peu plus loin, et les trous des rochers déchaussés plantés de fougères ou d’orchidées.
Vendredi dernier, dans la brume des nuages, l’équipe de Cagoutrek achevait les dix derniers mètres, en fait le raccord du nouveau sentier sur le parcours habituel.
Reste quelques finitions avant réception du chantier, fin octobre, mais le sentier du Humboldt a d’ores et déjà pris son nouveau départ.

  Bientôt les refuges du GR 

Les refuges du sentier de grande randonnée vont enfin être installés sur le parcours Ouénarou-barrage de Dumbéa. Deux seront dans le parc de la rivière Bleue : le refuge des Muletiers (sur la rivière Blanche), et le refuge des Tristaniopsis (3,5 km au-delà du Pont Germain). Le troisième sera installé près de la crête de la mine Soleil, à plus de mille mètres d’altitude. Les deux premiers seront alimentés en eau à partir d’un creek,  et le troisième par l’eau de pluie recueillie dans une citerne.
La pose des deux premiers refuges aura lieu fin octobre, et  celle du troisième mi-novembre. La livraison se fera par hélicoptère.
Les refuges du Vulcain et du Humboldt, pour leur part, ont été nettoyés voici quelques semaines par les gardes nature de la province, qui en ont descendu une bonne dizaine de sacs poubelle. C’est l’occasion de rappeler aux randonneurs qu’ils seraient aimables de s’occuper eux-mêmes de leurs déchets au lieu de les abandonner sur place.

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