LNC du 26/05/2020 : Les raids du Nord naviguent à vue

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Cette saison, il s’agira de la 21e édition du Grand Prix des raids du Nord, qui permet aux coureurs de se mesurer en course à pied, avant un accueil et un repas en tribu. Photo archives LNC
Cette saison, il s’agira de la 21e édition du Grand Prix des raids du Nord, qui permet aux coureurs de se mesurer en course à pied, avant un accueil et un repas en tribu. Photo archives LNC
TRAIL. Le Grand Prix des raids du Nord a chamboulé son programme. De retour dans un mois, la compétition va se dérouler autour de six courses, comme prévu. Mais l’étape de Hienghène va être délocalisée et plusieurs questions subsistent.

Un challenge régulier

Chaque saison, le Grand Prix des raids du Nord permet de dresser une certaine hiérarchie entre les trailers du Caillou. Ces dernières années, les Damien Boutellier, Ludovic Lanceleur, Angélique Plaire, Guillaume Boccas, Oswald Cochereau ou Marie-Cécile Cavell s’y sont notamment illustrés. Il serait bien sûr trop réducteur de considérer l’épreuve comme seule référence, notamment au vu des courtes distances (avec du dénivellé…), mais son format de championnat, unique en Calédonie, offre un challenge intéressant au niveau de la régularité.

Un par mois

Cette année, le Grand Prix devait se jouer sur six raids : Ouégoa, Pouébo, Houaïlou, Hienghène, Ponérihouen et Kouaoua. Entre les différentes parties prenantes de l’organisation (les communes, les tribus et la société Challenge organisation), les dates étaient calées, les parcours ficelés et les autorisations accordées.

Mais quand le coronavirus est venu mettre le sport à l’arrêt, Patrick Ventura et son équipe de Challenge organisation ont dû modifier leurs plans. « On a essayé de trouver d’autres dates pour reconstruire le calendrier. Les raids auront lieu entre juin et novembre. Même si c’est plus tardif, on respecte la récurrence avec un raid par mois », relate l’organisateur, qui a récemment fait le tour des tribus pour prendre la température.

Pas de raid à Hienghène

Le raid de Ouégoa, prévu le 4 avril, ouvrira bien le bal, mais le 20 juin, avec « encore quelques petits détails à régler ». La 2e étape aura ensuite lieu le 25 juillet, mais n’ira pas à Hienghène, qui devait de nouveau s’impliquer dans le Grand Prix. « L’association qui devait accueillir craint de ne pas avoir les effectifs pour », justifie Ventura. « Mais nous avons un plan B qui tient la corde, dans un cadre sympa. L’esprit ne changera pas », assure-t-il, sans vouloir donner le nom de la commune concernée.

Après ce deuxième raid au lieu encore non défini, les trailers affronteront celui de Ponérihouen, le 22 août, puis celui de Kouaoua le 12 septembre. Suivront ensuite ceux de Houaïlou (24 octobre) et de Pouébo (14 novembre), qui étaient initialement prévus comme 3e et 2e étapes. « En fonction de la température », Patrick Ventura envisage « d’avancer l’heure des départs », sur ces deux derniers raids.

Attente du feu vert

Si les dates semblent figées, Challenge organisation doit encore régler certains points. « Le calendrier va peut-être changer, si le référendum est décalé par exemple », craint notamment Patrick Ventura. L’organisateur rappelle également que « les tribus attendent le feu vert du gouvernement pour la reprise des compétitions. En attendant, elles disent qu’elles ne savent pas. » Une reprise des compétitions sportives en Calédonie, qui devrait avoir lieu le 14 juin, mais en attendant, l’organisation, « marche sur des œufs » et ne peut officialiser son calendrier définitif. « Nous avons bon espoir », assure tout de même Patrick Ventura.

Combien de trailers ?

Reste enfin une « grosse inconnue : la participation ». Si Challenge organisation peut encore compter sur le soutien des communes et de ses sponsors, difficile de savoir quel visage aura la saison sportive « Les optimistes parient sur la frustration du début de saison manqué et pensent que les coureurs vont se déplacer en masse. Les pessimistes, eux, craignent que certains ne démarrent jamais leur saison », explique le patron des raids du Nord. Financièrement, l’entreprise organisatrice devrait « y laisser des plumes », mais « passera le cap si la fréquentation ne chute pas »« Une moyenne de 300 coureurs, ça commencerait à être sympa », juge Patrick Ventura.


Avant le Nord, cap au Sud pour reprendre en douceur

Avant le retour des compétitions, qui devrait être effectif, sauf changement, le 14 juin, les trailers du Caillou auront eu l’occasion de redécouvrir les sensations d’une course. Il faudra pour cela être au départ de la Free to run, un événement inédit, le 6 juin à Yaté, dans les bois du Sud. Sans chronométrage ni classement, les participants auront la possibilité de s’engager sur trois parcours : 23 kilomètres (avec 1 000 mètres de dénivelé positif), 12 kilomètres (600 m D +) et une randonnée de 5,5 kilomètres (150 m D +).

Départs décalés

« Cela va se courir sur des sentiers de type trail, pour relancer la saison, tout en respectant la réglementation et la distanciation », explique Laure Papin, de Challenge organisation.

Pour éviter la multiplication des contacts entre les participants, plusieurs points de règlement seront à respecter. « Nous allons mettre en place des départs décalés, par groupe d’une trentaine de coureurs, entre 7 h 30 et 10 heures. Il sera possible de choisir son départ lors de l’inscription », détaille Laure Papin. Sur la ligne de départ, « les coureurs seront espacés d’un mètre ». Enfin, chacun aura droit à une écocup individuelle et du gel hydroalcoolique sera à disposition. Suffisant pour autoriser l’événement ? « Nous avons rencontré la DJS (Direction de la jeunesse et des sports) qui a donné son accord. » Plus de 300 participants sont attendus. W.d.L.


Quels favoris ?

Chez les messieurs, le tenant du titre, Oswald Cochereau, va « essayer de défendre (son) titre ». Celui qui avait notamment remporté l’étape de Ponérihouen en 2019 n’en fait toutefois « pas un objectif ». Cette saison, il prépare surtout le 100 kilomètres du Trail des Cagous, le 11 juillet. Pour les raids du Nord, il tentera « de ne pas perdre trop de points sur les premières courses », afin d’être dans le coup en fin de saison. « Je ne me vois pas y aller en touriste », assure-t-il. D’autant que « mon ami Ludovic Lanceleur va également participer », note Cochereau qui, parmi les favoris, cite aussi Alexy Dianoux, vainqueur à Hienghène en 2019. Yohan Samanich pourrait lui aussi être de la partie. Chez les femmes, l’insatiable Marie-Cécile Cavell, lauréate des 5 étapes courues en 2019, ne devrait pas être en mesure de conserver sa couronne. Si elle prévoit d’être au départ du premier raid, à Ouégoa, elle ne sera plus sur le territoire pour la suite de la saison. « La compétition est lancée », glisse-t-elle au moment d’évoquer sa succession. « Chez les féminines, on ne sait pas trop, mais Angélique Plaire devrait être là », complète Patrick Ventura.


Repères

Le calendrier des raids du Nord

20 juin : Ouégoa
25 juillet : lieu à définir
22 août : Ponérihouen
12 septembre : Kouaoua
24 octobre : Houaïlou
14 novembre : Pouébo

Le règlement

A chaque étape, plusieurs courses sont proposées : Grand raid (entre 16 et 22 km) et Mini raid (entre 5 et 10 km). Chaque raid attribue des points pour le Grand Prix : 200 points pour le vainqueur, 198 au 2e et 196 au 3e… En fin de saison, un bonus de 10 points sera attribué aux coureurs ayant disputé les 6 raids. Cette année, des parcours familiaux, autour de 5 kilomètres, seront également organisés, afin de permettre aux jeunes, notamment des tribus, de venir courir.

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