LNC du 27/11/2019 : « La Transcal, c’est fait pour galérer ! »

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    Paul-Antoine Grangeon est le président de l’Association Transcal qui organise l’événement.

    Paul-Antoine Grangeon est le président de l’Association Transcal qui organise l’événement.TRAIL. Alors qu’un temps, elle pensait ne pas l’organiser en 2019 pour en faire un événement biennal, l’association Transcal a décidé d’organiser le célèbre trail de deux jours l’an prochain. Il se tiendra le week-end des 6 et 7 juillet, en province Sud.

    Les Nouvelles calédoniennes : Finalement, il y aura bien une Transcal en 2019. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

    Au départ, on s’était dit que l’organisation était trop lourde par rapport aux moyens humains que nous avions. La Transcal, c’est un noyau de 10 bénévoles toute l’année pour mettre en place un événement qui rassemble ensuite 150 volontaires le jour J. C’est beaucoup, car la compétition prend de l’ampleur. On est passé de 700 personnes il y a deux ans à 1 400 coureurs l’an dernier. Et on voulait aussi garder le même niveau de qualité pour les participants. Mais on a été approchés par des propriétaires terriens qui nous ont proposé des coins inédits.

    Et cela vous a fait changer d’avis ?

    Le principal propriétaire terrien était très motivé. Il fait des raids, des Transcal. Et il va nous apporter énormément d’aide au niveau logistique. Que ce soit pour le village ou pour la mise en place des sentiers. C’est précieux. On s’est dit qu’avec un partenaire aussi solide, ça valait le coup de faire une Transcal en 2019. Donc c’est vraiment grâce à cette personne.

    Où se dérouleront les courses ?

    Pour l’instant, on ne veut pas trop en parler. Mais on le fera d’ici les mois de février ou mars. Nous n’en parlons pas tout de suite car il reste encore des points à mettre en place avec les propriétaires. On en est à regarder des cartes, tout est à faire. Donc annoncer quelque chose serait prématuré. Mais on ne va pas attendre plus que nécessaire. Avant il y avait toute une culture du secret et le lieu était connu au dernier moment. Je pense que les participants doivent pouvoir se préparer.

    Une Transcal, c’est 150 bénévoles le jour J. 

    C’est quoi un bon parcours pour une Transcal ?

    C’est de la galère (rires). Le but c’est de trouver de la difficulté. On ne cherche pas à proposer un tracé de 30 km de plat. On veut partir sur des sentiers inconnus. Quand on fait la reconnaissance, on arrive et parfois, tu mets cinq heures à faire un kilomètre lors de la mise en place du parcours. Mais une fois ce constat établi, il faut aussi trouver où placer le curseur pour que le tracé ne soit pas réservé qu’aux meilleurs. Cette année à la Rivière bleue, on a changé le sens d’un des tracés deux mois avant parce qu’on s’était rendu compte que c’était trop difficile. C’est comme pour les coureurs, la Transcal, tu galères de A à Z (rires).

    Comment va se dérouler la Transcal 2019 ?

    Il n’y a pas de différence avec les dernières années sur le principe. On reste par équipes de trois avec comme épreuve reine la Transcal Mobil avec deux jours de course. Le premier devrait être de 30 km et le second autour des 25 km même si on ne connaît pas encore le tracé exact. Après au-delà des distances, l’important, c’est de voir la difficulté. Le point de référence c’était cette année avec 15 % d’abandon. Les gens ont souffert, ils ont aimé et se sont surpassés.

    Savez-vous qui sera présent ?

    Je crois que Ludovic Lanceleur et Angélique Plaire seront présents. C’est important, d’avoir des têtes d’affiche même si l’événement est aussi familial. Chez les meilleures équipes, chaque année, il y a une vraie lutte. Mais il y a aussi toutes les autres pour qui, rien que finir la Transcal est un challenge. C’est ça qui est intéressant, chacun a son propre combat.

    Avec la multiplication des trails dans la saison quels sont les moyens pour la Transcal de se démarquer ?

    Il y en a plusieurs. On essaie par exemple d’améliorer les à-côtés de la course. Avant, la Transcal, c’était une course sur deux jours. Cela s’est accentué depuis notre reprise de l’événement il y a deux ans. L’offre s’est étoffée. Il y a aujourd’hui cinq courses différentes. Il y en a pour tout le monde. Et puis il y a aussi une volonté de faire de la Transcal un événement écoresponsable.

    On vise une compétition avec zéro plastique cette année.

    C’est-à-dire ?

    Déjà d’un point de vue environnemental. On est parti l’an dernier d’un guide du raider écoresponsable. On a par exemple des gobelets en plastique réutilisables sur les points de ravitaillement. Et puis l’an prochain, on fournira aux tribus qui organisent le village de la vaisselle écologique. Ce qu’on veut, c’est que l’année prochaine, il y ait zéro plastique sur le village de la Transcal.

    Donc du matériel réutilisable chaque année ?

    Oui et même qu’on peut mettre en commun avec d’autres organisateurs. C’est un peu ce principe pour le matériel de chronométrage. Bruno Dumet (président du comité d’organisation du Marathon de Calédonie, NDLR) nous prête le sien. À l’inverse, on a prêté des tivolis et des tables pour La Pérignon. On sait qu’il y a un problème financier au sein du sport, alors la mutualisation des moyens est bienvenue.

    Une course similaire aux premières éditions de la Transcal est prévue en 2019 (lire ci-contre). Est-ce un problème pour vous ?

    Non, il y a de la place pour tous. Les raids, il faut qu’il y en ait. Je crois que c’est au mois de mai donc c’est une bonne chose. Un nouvel événement par trois c’est bien. Ça fera un entraînement à la Transcal ou l’inverse ensuite (rires).

    15 millions de francs.

    C’est le budget annuel de la Transcal Mobil. Une somme qui comprend, entre autres, la préparation du terrain, l’installation du village ou l’achat du matériel.

    Repères

    Un week-end trois courses

    La formule reste la même pour 2019 avec cinq programmes au menu. L’épreuve reine, c’est la Transcal Mobil avec ses deux étapes. Les autres se courent sur une seule journée ; la Trans découverte (env. 25 km), la Trans cool (env. 12 km), la Trans jeune et la Trans santé. À cela s’ajoute la Trans kids pour les plus petits.

    Concurrence 

    C’est un discours que l’on entendait parfois chez les coureurs : il manquait une course qui traverse la Calédonie comme c’était le cas de la Transcal lors de sa création en 1992. Challenge organisation, qui gère le GP des raids du Nord, a décidé d’occuper le créneau laissé vacant depuis près de six et devrait proposer une course entre Canala et La Foa.

    Pas d’inflation 

    C’est une bonne nouvelle pour ceux qui comptent s’inscrire à la Transcal Mobile 2019. Le prix des inscriptions reste inchangé. Comptez 10 000 francs par personne pour la Transcal Mobil, 8 000 pour la Trans découvert, 4 500 cfp pour la Trans cool ou la Trans junior. La Trans santé, elle, est gratuite. 

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