Nordine Benfodda, le gentleman trailer de la Gigawatt

0
21
Associé cette année à David Nenci, Nordine Benfodda espère remporter sa 4e Gigawatt, un record.Photo R.G

trail. La 24e édition de la Gigawatt sera l’occasion de retrouver Nordine Benfodda, vainqueur de l’édition précédente. Le coureur de l’AC Païta est prêt à rééditer l’exploit, en équipe avec David Nenci.

La démarche est assurée, le sourire omniprésent. Petite chemise impeccable et pantalon au pli parfait. À la ville comme à la piste, Nordine Benfodda est aussi léger et vif dans sa foulée que dans son verbe. S’il affiche une mine sereine à quelques jours de la Gigawatt, dont il prendra le départ demain, le coureur a bien failli manquer la traditionnelle course du Grand Sud. À trois semaines de l’événement, son partenaire, le triathlète Patrick Vernay, a dû jeter l’éponge après une blessure. « Je me suis dit, c’est râpé pour cette année et je me suis remis au travail. Finalement David Nenci m’a appelé. Lui aussi avait dû faire face au forfait de sa partenaire. Pour sa dernière année sur le territoire, il voulait faire le parcours des 30 kilomètres et savait que j’étais “orphelin??. Du coup j’ai sauté sur l’occasion » explique-t-il.

« le bal de fin d’année »

Un changement de partenaire qui ne semble pas bouleverser le triple vainqueur de la Gigawatt (2017, 2014, 2007). « Je connais bien David, on ne s’est jamais entraîné ensemble mais on a souvent concouru l’un contre l’autre. Même s’il n’a pas la vitesse de la Formule 1 Patrick Vernay, David Nenci est un vrai 4×4, avec de la caisse et un très gros mental. Sur une course comme la Gigawatt, c’est un atout qui peut vraiment faire la différence… en plus dès qu’on se voit on rigole donc on sait qu’on va passer un super moment » salive d’avance le coureur calédonien. Quand il prononce le mot Gigawatt, les yeux du quadragénaire s’illuminent, et les souvenirs des éditions précédentes se mêlent avec le désir de gagner à nouveau. « C’est le bal de fin d’année du lycée. Tout le monde doit y participer. Tout le gratin de la course mais pas seulement. Durant l’année, les coureurs s’entraînent beaucoup, seuls ou en petits groupes. À la Gigawatt, on se retrouve, on se salue, on renoue avec les autres. C’est aussi l’occasion de voir ceux qui courent plus rarement, comme le voisin ou le type avec qui on a fait un match de foot. Pendant la course cela fait toujours plaisir de revoir les bénévoles d’Enercal avec qui on a créé des liens. Ils te reconnaissent, t’appellent par ton prénom. Au ravitaillement, on se parle un peu et à l’arrivée on passe du temps ensemble » s’amuse-t-il.

Joue-la comme Zidane

L’enthousiasme de Nordine semble résister à l’usure du temps. Cette année encore, il abordera la Gigawatt avec ses yeux d’enfant : « C’est comme un match de foot avec les copains, tu veux toujours te dépasser pour marquer des buts à la Ronaldo même si tu t’appelles Pedro ! » s’exclame l’athlète.

S’il admet ne plus avoir le temps de préparer la compétition avec la même rigueur qu’autrefois, celui qui travaille dans une entreprise de déménagement trouve son plaisir dans l’encadrement des jeunes et son action bénévole en tant que président de club de l’AC Païta. « Le fait d’être du côté entraîneur, de pousser les jeunes, c’est aujourd’hui ma satisfaction la plus importante. À un moment donné, Il faut savoir prendre un peu de distance avec la course et entraîner, comme Zidane au football ! dit-il toujours l’air rieur.

Romain Grosjean

P

L’an dernier, les deux coureurs avaient tenté de devenir le premier binôme mixte à remporter la Gigawatt. Un pari manqué pour 4 minutes puisqu’ils avaient finalement terminé en deuxième position derrière Benfodda/Dianoux. Et comme Leslie Nowicki et Ludovic Lanceleur ne sont pas du genre à laisser tomber, ils reprennent du service cette année avec le même objectif de victoire. « C’est quelque chose qui ne s’est jamais vu, sourit Lanceleur, vainqueur en 2013 et en 2016 mais en équipe messieurs. Cela pourrait être une belle ligne à notre palmarès. »

D’autant que le duo a déjà eu de belles victoires ensemble par le passé. Surtout sur la Transcal où il a remporté, avec un troisième larron, les trois dernières éditions de la Transcalédonnienne. Une expérience qui va forcément jouer demain matin dans le Grand Sud. « On mise beaucoup sur ces acquis, admet le coureur de la JS Valée-du-Tir. On a pu faire un seul entraînement ensemble, mardi dernier. »

Leur principale faiblesse : la pointe de vitesse. La Gigawatt étant très roulante, surtout les dix premiers kilomètres, la paire va batailler pour rester au contact des meilleurs. Le reste, les montées et les descentes, Nowicki et Lanceleur savent très bien faire.

MRB

>

1379 coureurs sont attendus au départ de cette Gigawatt 2018. L’an dernier, 1495 participants s’étaient donné rendez-vous. Le record date de 2005 quand 1824 personnes étaient présentes.

L

Repères

Un parcours difficile…

Pour Nordine Benfodda « La complexité de la Gigawatt est de coupler un départ canon dans l’entonnoir du début, sur le barrage, et de savoir se freiner ensuite. En toute humilité il faut admettre de laisser passer les gens avant de les rattraper sinon on sait très bien qu’on ne va pas tenir au-delà du vingtième kilomètre. L’autre donnée à prendre en compte est la chaleur, qui fait souvent des siennes. Il faut se couvrir et bien s’hydrater car il n’y a aucun abri pendant la course » Cette année, le problème sera différent puisque la course se passe au mois d’août et non plus en octobre.

…mais adapté à tous

Pour correspondre aux envies et au niveau de chacun, trois distances (10, 20 ou 30 km) sont ouvertes pour la course en équipe de deux personnes hommes, femmes ou mixte. Pour les plus jeunes et ceux qui veulent juste découvrir la Gigawatt, un tracé de 4 km est mis en place, à la fin du 10 km.

Programme des départs

7 h 50 : 10 km

8 heures : 20 km

8 h 10 : 30 km

9 h 15 : 4 km

Laisser un commentaire