Tour de Cote du 16/07/2011 – Tiabet

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Tous à Tiabet pour le 4e raid 2011

Après Houaïlou, Kaala-Gomen et Touho, c’est au tour de la commune de Poum d’organiser le quatrième raid, comptant pour le Grand Prix des raids de la province Nord 2011. Il se déroulera sur les terres coutumières de la tribu de Tiabet, le samedi 16 juillet. L'interview de Willion Padome, petit chef de la tribu de Tiabet.

 

Photo : Ivan Cotignola

 

  • Tour de Côte : Parlez-nous un peu de votre tribu ?

Willion Padome : Tiabet est la dernière tribu située au nord de la Grande Terre. Quatre clans (Padome, Vara, Dahote et Williams) y vivent, auxquels on peut ajouter celui des Dahma, à Gu. Ça représente près de deux cents personnes, dont, environ, 70 % de jeunes. Ces derniers, à quelques exceptions près, vivent avec nous à la tribu. Leurs principales activités tournent autour de la pêche et de la chasse. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, ils ne sont pas enclins à quitter la tribu. Les plus jeunes suivent leur scolarité dans les établissements secondaires de la province Nord et de Nouméa. Une minorité a trouvé du travail à Vavouto et à Nouméa. Quelques personnes sont employées par la mairie. La tribu vit essentiellement des produits vivriers, de la chasse et de la pêche. La pêche aux crabes, picots, dawas, becs de cane notamment, tient une place prépondérante dans les activités économiques de la tribu. Les colporteurs viennent régulièrement récupérer ces produits depuis Nouméa. Nous avons aussi un projet pilote d’élevage de bêches de mer en partenariat avec la province Nord et l’écloserie de Boulouparis. Le soir, les jeunes aiment jouer au foot ou au volley sur l’esplanade du temple et de la maison commune, face à la plage. Le week-end est consacré aux activités des associations, de l’Église évangélique et au culte du dimanche. C’est aussi un moment privilégié où nous allons chasser et pêcher.

  • La tribu ne souffre-t-elle pas de sa position géographique ?

Je ne pense pas qu’on ait à souffrir de l’éloignement. Il y a d’autres tribus plus proches de Nouméa ou de grands centres urbains qui sont plus dans le besoin que nous. Ici, nous sommes chez nous et nous avons l’habitude de vivre comme ça. Les gens sont organisés. Ils font des allers et retours sur Nouméa ou Koumac pour s’approvisionner. On a tendance à dire que la Calédonie s’arrête à Koumac, en fait elle s’arrête à Boat Pass. Nous sommes malgré tout pénalisés pour le ravitaillement en carburants, ça oblige les gens à faire leurs réserves à Koumac. Nous avons foi au projet Sonarep pour qu’il voie rapidement le jour et que nous ne soyons plus confrontés à ces problèmes.

  • Comment avez-vous été contactés pour organiser ce raid ?

C’est la deuxième année consécutive que la commune accueille un des raids de la province Nord. L’année dernière, c’était à la tribu d’Arama, sur la côte Est. Cette année, c’est au tour de Tiabet, sur la côte Ouest. Une façon de faire connaître les deux côtes de la commune. La province a répondu favorablement à la candidature de la mairie de Poum pour l’organisation d’un des six raids comptant pour le Grand Prix de la province Nord 2011.

  • Comment la tribu a-t-elle réagi à la nouvelle ?

La réponse de la province est parvenue à la mairie en décembre dernier. Narcisse Boaouva, le premier adjoint, est alors venu à la chefferie me présenter le geste coutumier en m’exposant ce projet. Je l’ai soumis au consentement de mes sujets, dont les différents chefs de clans. Je ne tenais pas à leur imposer cet événement qui, par ailleurs, a été accepté à l’unanimité. En début d’année, le comité paroissial s’est engagé à prendre en main l’organisation de ce raid, et pour ce faire a mis en place un comité organisateur. C’est la première fois que la tribu accueille un raid de la province Nord. C’est quelque chose de nouveau pour nous. Les nombreux raiders viennent pour courir, certes, mais ils viennent aussi pour découvrir l’extrême Nord de la Grande Terre et la vie tribale. Et nous devons faire en sorte qu’ils en gardent un bon souvenir.

  • Avez-vous déjà organisé un événement d’une telle ampleur ?

Nous avons déjà accueilli le Challenge Michelet avec près de 400 personnes. En novembre dernier, nous avons organisé le Hiiyac, la fête des chefferies de l’aire Hoot Ma Whaap. Nous avons eu des groupes de danse Salomonais. Nous accueillons des associations qui viennent des Îles. L’accueil, nous y sommes habitués. Mais un raid, on ne connaissait pas encore. C’est une lourde organisation.

  • Avez-vous rencontré les organisateurs du raid ?

Nous avons eu des contacts avec eux. Un cahier des charges nous a été remis. De là, nous nous sommes organisés pour préparer l’accueil des raiders et de leurs accompagnateurs. Nous avons pris une assurance en conséquence avec ce type d’événement.

  • Comment vous êtes-vous organisés pour accueillir cette manifestation ?

Nous avons sollicité des aides financières. De plus, le comité paroissial a mis en place le comité organisateur dirigé par Dick et Francis Dahote. Les responsabilités ont été réparties au sein de commissions (accueil, inscriptions, sécurité avec ambulance, médecin et pompiers, hébergement, intendance…) Quatre clans sont impliqués dans cette organisation.

  • Qu’est-ce que cet événement peut apporter à la tribu ?

C’est une façon comme une autre, au niveau touristique, de découvrir Tiabet et l’extrême Nord. Cet événement booste les clans à réaliser des constructions comme celle qui accueillera les raiders pour la restauration en bord de plage. Outre l’argent des inscriptions, nous avons pensé à mettre en place des stands de vente de produits de la mer et vivriers, et de d’artisanat. Nous essayons de faire profiter tout le monde de cet événement. L’argent, hors inscriptions, ira alimenter les fonds du comité paroissial dont une partie sera redistribuée aux familles s’étant impliquées dans l’organisation de ce raid.

  • Où seront accueillis les raiders ?

Dès le vendredi, ils pourront s’installer sur la grande esplanade de la maison commune en bordure de la plage. C’est à ce moment-là que se fera la distribution des dossards. Les dernières inscriptions seront prises le samedi avant la course, de 5 heures à 7 heures.
L’accueil coutumier se fera également à cet endroit. Nous avons aussi prévu des parkings qui seront surveillés.

Le parcours

Le choix des parcours, grand raid (16,2 km) et mini-raid (9, 5 km), s’est fait en concertation avec tous les clans ainsi qu’avec les familles Song. Il n’a posé aucun problème au niveau coutumier concernant la traversée des propriétés. Le départ sera donné depuis l’esplanade de la maison commune et du temple. Pour le grand raid, les raiders suivront un parcours de bord de mer qui contourne la presqu’île de Dju, avec plages, mangroves, marais et lignes de crête dont le dénivelé est de + 500 mètres pour le grand raid, et de + 150 m pour le mini-raid. Des hauteurs, les concurrents auront une vue panoramique et la plupart d’entre eux pourront admirer les lagons de la presqu’île de Dju. Ils traverseront par deux fois la RM8 puis se dirigeront vers l’arrivée sur l’esplanade du temple en passant à nouveau par le bord de mer.

Ivan Cotignola

 

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