Tour de Cote du 25/08/2011 – Touho

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La nature en partage

Jacques et Lydie Thy accueillent les visiteurs chez eux à la tribu de Ouanache, dans une vallée au nord de Touho. Au programme : randonnées pédestres et repas à la demande.

Suivez le guide, c’est parti pour deux heures et demie de balade !
Photo : Xavier Heyraud

Lydie, 37 ans, est originaire de Sarraméa. Elle est arrivée à Ouanache quand elle s’est mariée à Jacques, de vingt ans son aîné. En 2005, c’est elle qui s’est lancée dans le tourisme en participant à une formation de guide de randonnée pédestre montée par la province Nord et assurée par la CCI. En 2007, son époux a suivi à son tour une formation de six mois d’agent de tourisme montée par le GIE Tourisme province Nord et sanctionnée par un diplôme du pays. Maintenant, « la plupart du temps, c’est Jacky qui se promène avec les touristes. Moi, je m’occupe de préparer le repas quand les gens veulent manger sur place », explique Lydie. Le couple propose trois promenades, dont l’une est plus difficile que les autres. Le départ se fait toujours à partir de la maison du couple, nichée dans un écrin de verdure en fond de vallée. Avant de démarrer, Jacques se plaît à montrer sa collection d’ananas à fleurs qui comporte une trentaine d’espèces, quand Lydie présente pour sa part ses anthuriums, le tout en sirotant un café. « En saison chaude, l’idéal est de faire les circuits le matin, quand il fait encore frais. Quand les gens ont fini de manger, ils aiment bien se détendre ici, à l’ombre, sur les nattes », souligne Lydie. Et comme gage de la qualité de l’accueil, elle avance que « des gens reviennent régulièrement, ou envoient leurs amis ou famille de passage. »

Trois circuits au programme

« Nous proposons trois circuits avec commentaires botaniques et historiques : tout d’abord celui de la grotte, qui est assez difficile (deux heures maxi, avec une pente raide en sous-bois et une descente assez périlleuse dans la grotte, NDLR). Les deux autres sont faciles. Le second est le circuit des pétroglyphes, une boucle sur du plat qui dure environ deux heures et demie et qui permet de voir les restes d’anciennes tarodières irriguées et des nids de roussettes. Le troisième, également accessible à tous, est le circuit de la ligne de crête. Là encore, c’est une boucle de deux heures et demie environ, avec une montée progressive. Il offre deux jolis points de vue et on y voit aussi d’anciens tertres. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’il y a beaucoup de vestiges historiques comme des tertres, des morceaux de poterie, d’anciens foyers de feu… »

Sur le chemin de la grotte

La balade débute par un passage dans une ancienne caféière. « L’histoire du café sous ombrage a commencé du temps du gouverneur Feillet, entame Jacques. C’est lui qui a fait venir le café pour mettre en valeur les terres et faire en sorte que les Mélanésiens puissent avoir de l’argent. Tu vois cet arbre là, c’est un sandragon planté pour faire de l’ombre. Le café a été d’abord planté chez les colons, puis dans les tribus. Malheureusement, dans les années soixante-dix, il y a eu une invasion de fourmis électriques qui a fait fuir les gens des caféières sous ombrage. Ensuite, il y a eu la création du Gapce (Groupement agricole des producteurs de la côte Est) qui a eu l’idée de
cultiver du café soleil. » À nos pieds, Jacques cueille une petite plante à fleurs bleues et la roule entre ses mains. « On la met en cataplasme sur les égratignures pour arrêter le saignement et désinfecter la plaie. » Place ensuite à la traversée d’une bambouseraie.

« 800 avant J.-C les hommes s’y réfugaient »

« Les vieux utilisaient autrefois le bambou pour faire des gourdes et aussi pour acheminer l’eau jusqu’à la maison. » Très vite, nous nous retrouvons au pied d’une forte pente arborée. « Attention de ne pas trop toucher aux arbres en montant, prévient le guide. Il y en a qui sont urticants ou qui ont des fourmis électriques. Et le sol peut être glissant par endroits. » C’est parti pour une ascension d’une centaine de mètres sur un rythme tranquille. Jacques montre une liane sombre : « Après une semaine dans l’eau, on l’utilise pour attacher les bois des cases traditionnelles, c’est aussi solide qu’une corde », puis un bois mort : « Ce faux mimosa est très solide pour les bois de la case. » Un dernier raidillon et nous débouchons dans une petite clairière. « Voici un point de vue que j’ai dégagé, annonce Jacques. Au-delà de la mangrove, de l’autre côté, ce sont les roches de Tiouandé où les archéologues ont découvert des pétroglyphes et beaucoup de pierres de frondes dans la fin des années quatre-vingt-dix. À tes pieds tu as des noix de bancoulier, ce grand arbre. » Joignant le geste à la parole, il saisit un caillou pour en casser une et faire goûter le fruit. « Tu sens déjà d’ici la fraîcheur de la grotte. » Petite escalade pour descendre dans la grotte et le guide explique que « c’est là que les vieux à l’époque se réfugiaient en cas d’intempérie ou durant les guerres claniques ou tribales. L’archéologue Christophe Sand est venu ici et a daté la période d’occupation de la grotte aux environs de 800 ans avant JC, par rapport aux restes de nourriture (coquillages) et aux fragments de poterie. »

Article extrait du magazine Tour de Côte paru en juillet 2011.

Pratiques

Accès
En roulant vers le Nord, la piste d’entrée pour accéder à la tribu de Ouanache se trouve sur la route principale qui longe le lagon (RPN10) au niveau de la tribu de Teganpaik (au nord de Touho, proche de Hienghène), un peu avant la station-service Shell.

Tarifs par personne
Circuit de la grotte, difficile, 2 heures, 2 500 F
Circuits des pétroglyphes et de la ligne de crête, 2 heures et demie, 3 500 F
Demi-tarif pour les enfants de moins de 12 ans et gratuit pour les tout-petits.

Contact
Tél. : 85 16 65.

Xavier Heyraud

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